«Ravensbrück, le camp oublié»: elles en sont revenues

S’il ne reste que peu de traces de ce camp où 132 000 personnes ont été déportées de 1939 à 1945, la mémoire, elle, n’oublie rien.
Photo: TV5 S’il ne reste que peu de traces de ce camp où 132 000 personnes ont été déportées de 1939 à 1945, la mémoire, elle, n’oublie rien.

Ravensbrück porte le sceau du chef de la SS, Heinrich Himmler, qui a lui-même choisi le lieu de ce camp bâti à quelque 80 km de Berlin, le seul construit exclusivement pour les femmes. Confiées à la garde brutale de celles qu’on appellera les corbeaux noirs, des résistantes de toute l’Europe, mais aussi des juives, des « asociales », des prostituées et des Tziganes y connaîtront un enfer qu’Aurélie Chaigneau raconte avec une exigence factuelle empreinte de pudeur dans Ravensbrück, le camp oublié.

S’il ne reste que peu de traces de ce camp où 132 000 personnes ont été déportées de 1939 à 1945, la mémoire, elle, n’oublie rien. Cinq survivantes prodigieuses en témoignent, éclairant une part moins connue de la solution finale allemande de leur humanité à fleur de peau... et de mots. Ce sont elles qui dévident le fil de l’Histoire à la caméra, tandis que les images d’archives et de synthèse, mais surtout les dessins à la plume déchirants de leur collègue d’infortune, la résistante française Violette Lecoq, comblent les silences ou finissent leurs phrases suspendues en plein vol.

L’une d’elles, Wanda Kulczyk-Rosiewicz, racontera comment on l’a mutilée sur les ordres du Dr Karl Gebhardt. Privées de nerfs, de muscles ou d’os, celles qui s’en tireront comme elle seront surnommées les lapins, car condamnées à sautiller comme eux. Une histoire abjecte, qui offrira l’un des plus beaux moments de résistance de ce camp infernal doté d’une chambre à gaz, de trois fours crématoires, et où l’on pratiqua aussi l’affamement des nourrissons. Un documentaire terrible, mais essentiel.

Ravensbrück, le camp oublié

TV5, le lundi 27 juillet, 21 h