«KKK – La renaissance du clan»: mon voisin suprémaciste

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« White Power ! » Vêtu de pied en cap d’une tunique et masqué d’un capirote noirs, main levée, celui qui crie d’une voix si haut perchée ne doit pas avoir plus de quatre ou cinq ans. Cet enfant grandit au sein d’une famille de suprémacistes blancs qui travaille activement au renouveau du Klu Klux Klan aux États-Unis. Un univers méconnu, jaloux de ses secrets, dans lequel s’est glissé le journaliste Dan Murdoch pour le compte de la BBC.

À son apogée dans les années 1920, la société secrète terroriste revendiquait quatre millions de membres. Ils ne seraient plus que quelques milliers répartis dans une poignée de groupuscules divisés par des guerres intestines. Mais cette nébuleuse est tenace, et le retour en force des Black Panthers — galvanisés par la fusillade de Charleston, une tuerie raciste abjecte — ne fait que nourrir leur détermination « à sauver leur peau », explique James Moore du Loyal White Knights. « On n’attaque pas, on se défend. Ils ne nous laissent aucune place, ici, en Amérique. Ils essaient de nous anéantir. »

À Yanceyville, en Caroline du Nord, Amanda Lee opine tout en travaillant à réconcilier la nébuleuse. Elle rêve d’un monde, le sien, expurgé des Noirs, qui font selon elle « augmenter le taux de criminalité ». « Je ne suis pas seule à penser ainsi », assure-t-elle, en précisant que le Klan compte des adhérents « de vraiment tous les milieux ». Reste que les énormités qu’on entend dans ce documentaire sont renversantes. En résulte une incursion aussi perturbante qu’éclairante dans un univers paranoïaque biberonné à la peur de l’autre.

KKK – La renaissance du clan

Planète+, le mardi 21 juilllet, 22 h