«Apatrides»: destins brisés

En six épisodes, la série arrive à esquisser un portrait des questions politiques et sociales entourant le sort que réservent les pays riches aux migrants et demandeurs d’asile.
Photo: Ben King Netflix En six épisodes, la série arrive à esquisser un portrait des questions politiques et sociales entourant le sort que réservent les pays riches aux migrants et demandeurs d’asile.

La vaste question de l’immigration, plus particulièrement celle du sort des demandeurs d’asile dans les pays occidentaux, fait souvent les manchettes. Pourtant, ce sujet délicat est rarement exploité en fiction télévisuelle. Ou si peu. Cette minisérie australienne, inspirée d’histoires vraies, fait œuvre utile (et émouvante) en relatant le passage de quatre personnes dans un centre de détention d’immigrants au milieu des années 2000, dont celui d’une résidente permanente australienne aux prises avec des problèmes de santé mentale, qui s’y est retrouvée « par erreur »…

Ce suspense politique et psychologique, coproduit et cocréé par l’actrice Cate Blanchett, qui y tient un rôle de soutien, s’organise au départ autour de l’histoire de Sofie, une jeune femme victime d’une secte qui a fui sa famille et l’hôpital psychiatrique et qui se fait passer pour une ressortissante allemande pour être extradée et peut-être pour oublier son lourd passé. Se jouxtent à ce récit celui d’Ameer, un détenu d’origine afghane qui a fait traverser sa femme et ses filles avant lui, une décision aux conséquences funestes ; celui d’un nouveau gardien au centre, pris dans un dilemme moral et financier par rapport à cet emploi payant, mais difficile, et celui de la nouvelle directrice de cet établissement qui doit gérer des scandales, tiraillée entre ses responsabilités et sa conscience. En six épisodes, la série arrive à esquisser un portrait des questions politiques et sociales entourant le sort que réservent les pays riches aux migrants et demandeurs d’asile, marqué par l’attente, la violence et, dans bien des cas, par le non-respect des droits fondamentaux. Le fait qu’elle se penche également sur l’effet parfois dévastateur de ce système carcéral sur ceux qui y travaillent la rend encore plus intéressante. Et captivante.

Apatrides (Stateless en V.O.A.)

Netflix, dès le mercredi 8 juillet