«L’inquiétante absence»: aimer le genre

La table est mise pour une captivante, et nécessaire, réflexion rétrospective.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La table est mise pour une captivante, et nécessaire, réflexion rétrospective.

Le documentaire L’inquiétante absences’ouvre de manière inusitée, mais brillante. Interrogé sur son attrait pour le cinéma de genre par les coréalisateurs Amir Belkaim et Félix Brassard, Robin Aubert retourne la question au duo, s’enquérant de la raison de leur démarche. « On était tannés du cliché selon lequel le cinéma québécois, c’est juste des drames ou des comédies : c’est faux […] Mais c’est comme si, chaque fois qu’il s’est passé autre chose, on avait brièvement focalisé là-dessus, puis oublié », répond Brassard. La table est mise pour une captivante, et nécessaire, réflexion rétrospective.

Fort d’une impressionnante liste de participants, réunissant la productrice Nicole Robert, l’acteur et réalisateur Patrick Huard, la réalisatrice Izabel Grondin, le professeur Bernard Perron, le directeur de la Cinémathèque, Marcel Jean, et l’auteur-scénariste Patrick Senécal, L’inquiétante absence se souvient de ce que fut, parfois, le cinéma d’ici, tout en rêvant de ce qu’il pourrait être à nouveau. Parmi ses meilleurs coups : cette participation de David Cronenberg, à la onzième heure, pour échanger sur sa période québécoise (Shivers, Rabid, Scanners).

Les observations formulées par chacun s’avèrent passionnantes, notamment d’un point de vue historique. On s’étonne, par exemple, qu’un folklore si riche en figures surnaturelles ne se soit pas traduit subséquemment par un cinéma plus axé sur l’imaginaire. L’une des hypothèses avancées suppute que lors de la Révolution tranquille, on aurait peut-être jeté le bébé avec l’eau du bain. Le public, lui, a pourtant suivi. Car, quoi qu’on en dise, le genre intéresse, mauvais ou pas.

L’inquiétante absence

Crave, dès le mercredi 8 juillet