​Sur vos écrans: des femmes qui font exception

Une scène du documentaire «American Experience: The Vote»
Photo: PBS Une scène du documentaire «American Experience: The Vote»

Les battantes chez l’oncle Sam

Le 18 août prochain marquera le 100e anniversaire de la ratification du XIXe amendement de la Constitution des États-Unis, qui donnait le droit de vote aux femmes (essentiellement blanches) dans l’ensemble du pays. C’est un peu plus tard qu’au Canada (aux élections fédérales seulement), mais avant d’autres pays occidentaux qui ont traîné la patte en cette matière… Pour souligner ce centenaire, la chaîne publique américaine propose une édition spéciale de quatre heures (répartie sur deux soirées) de sa série documentaire phare American Experience consacrée à la longue lutte des mouvements des suffragettes américaines, mettant en lumière leurs alliances, leurs tactiques militantes, leurs victoires, leurs défaites, leurs conflits et leurs contradictions.

Le premier épisode dresse d’abord un portrait du paysage politique complexe de l’après-guerre de Sécession et des balbutiements du mouvement pour le droit de vote féminin à la fin du XIXe siècle, une période pendant laquelle quelques États de l’Ouest vont accorder le droit de vote aux femmes, dont le « pionnier » Wyoming en 1890. Puis il raconte comment, jusqu’en 1915, les différentes organisations, menées par des femmes de milieux progressistes inspirées entre autres par leurs homologues britanniques, se sont mobilisées pour interpeller et convaincre la classe politique. On y aborde également leurs rapports complexes avec les mouvements de défense des Afro-Américains, qui ont du mal à faire respecter leurs droits nouvellement acquis. Le second épisode se concentre sur les quatre années qu’il a fallu pour faire adopter l’amendement par les trois quarts des États (dont le Tennessee par une seule voix !), une période marquée entre autres par les dissensions au sein du mouvement entre modérées et plus radicales, d’un point de vue tactique comme idéologique.

Le diptyque documentaire ne révolutionne rien dans sa forme, plutôt classique avec ses incontournables têtes parlantes de spécialistes, ses lettres et autres témoignages des figures historiques marquantes du mouvement, lus ici par des actrices de renom (Patricia Clarkson et Laura Linney, entre autres), et ses nombreuses photos et quelques petits films d’archives. Mais il offre un portrait exhaustif de cette lutte au long cours qui a changé le destin de millions de femmes.


American Experience : The Vote
PBS, lundi et mardi, dès 21 h
 

Deux sœurs et la mort

Qui dit télé estivale dit rediffusions, et c’est encore plus vrai en cette année de pandémie, qui a réduit la possibilité de voir des productions toutes neuves. Certaines rediffusions méritent plus le détour que d’autres. C’est le cas de Musée Éden, une série historique québécoise aux allures de polar d’horreur, diffusée en 2010 à Radio-Canada. Son auteur, Gilles Desjardins, qui a par la suite signé Mensonges et Les pays d’en haut, nous ramène dans le Montréal de 1910, alors que deux jeunes Franco-Manitobaines, les sœurs Courval (Laurence Lebœuf et Mariloup Wolfe), se retrouvent propriétaires du musée de cire du titre, établissement qui a véritablement existé et qui reproduisait des scènes de meurtre, alors que leur oncle vient d’y être assassiné. On suit donc, au fil des neuf épisodes de ce projet qui a mis une décennie à être développé, la nouvelle vie déstabilisante des jeunes femmes dans la métropole aux allures dickensiennes, marquée par l’enquête sur ce meurtre dont se mêlent un journaliste intrépide, un commissaire corrompu et un médecin légiste particulièrement avant-gardiste. La série vaut le détour pour sa reconstitution historique crédible (le budget de presque 1 million par épisode transparaît à l’écran…), son intrigue prenante, ses personnages, dont le trait est parfois un peu gros, mais aussi pour se rappeler que, dans le contexte actuel du financement de nos productions télévisuelles, ce genre de projet aboutit rarement sur nos écrans…


Musée Éden
Unis, mercredi, 21 h
 

Dure gestation

L’humoriste américaine Amy Schumer est récemment un peu sortie de sa zone de confort télévisuelle en proposant une émission de cuisine tournée durant le confinement, Amy Schumer Learns to Cook (Food Network), dans laquelle elle assistait son époux, le chef Chris Fischer, nettement plus dans son élément qu’elle aux chaudrons. La voici maintenant devenue le sujet d’une courte série documentaire en trois épisodes, qui la suit dans son intimité, tout au long de sa grossesse (elle a accouché en mai 2019), une gestation qui s’avéra difficile, alors que l’humoriste poursuivait une tournée en préparation d’une émission spéciale. Les extraits qu’on a pu en voir la révèlent plus vulnérable… et sérieuse.


Expecting Amy
Crave, dès mercredi

Le visionnement de la semaine

D’abord prévu pour une sortie en salle à la fin de mars, reportée plus d’une fois pour les raisons que l’on sait, voilà que ce drame de guerre naval d’envergure, scénarisé par Tom Hanks et réalisé par Aaron Schneider (Get Low), aboutit sur la plateforme à la pomme. Cette adaptation du roman The Good Shepherd de C. S. Forester raconte la périlleuse mission du commandant américain Krause peu de temps après l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, en 1942, alors qu’il mène un convoi de navires de ravitaillement alliés dans l’Atlantique Nord, où les sous-marins allemands pullulent. Hanks incarne le personnage central, rongé par les doutes et la crainte d’échouer, au propre comme au figuré.


Greyhound : la bataille de l’Atlantique
Apple TV +, dès vendredi