Balados: un tuteur sur l’histoire crochie

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Laissez-nous raconter l’histoire crochie

En plein blitz de célébrations du Québec et du Canada, et quelques jours après la Journée nationale des peuples autochtones, un important nouveau balado qui se penche sur les Première Nations vient de voir le jour. Et il y a beaucoup de force dans le titre de cette nouvelle production : Laissez-nous raconter l’histoire crochie.

« Laissez-nous », comme un appel, comme une main levée et une main tendue. « L’histoire crochie », comme image forte des empreintes tenaces de la vision trop souvent colonialiste que l’on a des Autochtones du pays. Pour redresser cette histoire tordue, la production de 11 épisodes de 25 minutes se révèle un puissant tuteur pour nos perceptions erronées, ou teintées d’un passé rarement respectueux. Chaque segment s’arrime dans un mot-clé, comme « sauvage, « école », « réserve », « bannique » et « découverte ». Il est d’ailleurs assez frappant d’entendre de multiples témoignages illustrer qu’il n’y a pas eu une « découverte » du territoire, qui était bien évidemment déjà habité.

À l’animation, on retrouve la poète innue Marie-Andrée Gill, qui nous guide à travers les quelque 70 témoignages recueillis par les réalisateurs Brad Gros-Louis et Karine Lanoie Brien. L’écoute est agréable, mais c’est le fond qui prime ici. On sent par moments la colère et la tristesse — par ailleurs plus que légitimes — des peuples autochtones, mais leurs récits sont empreints de beaucoup d’esprit, d’ouverture, d’humour même, qui facilite la prise de conscience et nous incite à nous améliorer, individuellement et, espérons-le, collectivement.

La vie secrète de l’art

La découverte de l’art peut aussi être facilitée par un tuteur. Le balado La vie secrète de l’art joue un peu ce rôle pour les jeunes de 8 à 9 ans en proposant cinq courtes fictions audio basées sur des œuvres variées du Musée des beaux-arts de Montréal. C’est Simon Boulerice qui a inventé les histoires, qui sont lues par Evelyne de la Chenelière et Sasha Samar. Les capsules ne dépassent pas les quatre minutes et sont abondamment enrobées de musique et de bruits d’ambiance. La production, qui vient de gagner un prix Numix, s’apprécie encore plus lorsqu’écoutée en regardant les œuvres dont il est question.