​1929-2020: Jean Brousseau s’en est allé

Jean Brousseau tint le rôle du docteur Jérôme dans la très populaire série «Les belles histoires des pays d’en haut»<i>, </i>amoureux malheureux de la belle Donalda, dont l’interprète, Andrée Champagne, est décédée au début du mois<i>.</i>
Photo: fournie par François Brousseau Jean Brousseau tint le rôle du docteur Jérôme dans la très populaire série «Les belles histoires des pays d’en haut», amoureux malheureux de la belle Donalda, dont l’interprète, Andrée Champagne, est décédée au début du mois.

Figure longtemps incontournable de la télévision québécoise, le comédien Jean Brousseau s’est éteint chez lui, le 17 juin, à l’âge de 90 ans. À partir des années 1950, il tint le rôle du docteur Jérôme, amoureux malheureux de la belle Donalda, dans la très populaire série Les belles histoires des pays d’en haut. Il fut mémorable dans le téléthéâtre Le train, huis clos contant l’affrontement entre deux passagers, prix des Jeunes auteurs de Radio-Canada remporté en 1964 par un tout jeune Michel Tremblay.

Cela étant, plusieurs ayant grandi à cette époque se souviendront de Jean Brousseau dans le rôle-titre de la série jeunesse à saveur fantastique Le Grand Duc qui, de 1959 à 1963, se plut à revisiter diverses légendes et figures du folklore québécois sous la plume, entre autres auteurs, de Gilles Vigneault. Résonne encore ce prologue vaguement lugubre : « Il ne fait plus tout à fait jour, il ne fait pas tout à fait nuit, l’heure entre chien et loup a sonné »…

Né à Québec en 1929, Jean Brousseau fit ses classes théâtrales en 1954 au sein de deux troupes-écoles : les Apprentis et les Comédiens de Québec. En 1956, ce fut le départ pour Montréal où, jusqu’aux années 1990, il connut une riche carrière sur les planches et à la télévision, voire parfois aussi au cinéma (il campa notamment Samuel de Champlain dans Black Robe, de Bruce Beresford, en 1991).

Au théâtre, comme jeune premier puis dans des rôles de maturité, il enchaîna les classiques durant les années 1960 et 1970, jouant Strindberg, Shakespeare, Molière, Tchekhov… D’ailleurs, c’est chez le dramaturge russe qu’il trouva sa partition favorite, celle du manipulateur tragique Platonov dans la pièce Ce fou de Platonov.

De confier le journaliste François Brousseau, fils du comédien : « Papa était d’abord un homme de théâtre. Et quand on lui demandait quelle pièce l’avait le plus marqué, il répondait que c’était celle-là. Elle avait été montée au défunt théâtre L’Égrégore. Je suis retombé sur des coupures de presse dans les cartons de mes parents, au sujet de la pièce, dont une critique élogieuse de Gérald Godin. » Dans Le nouveau journal, le poète et futur politicien écrivit en effet : « Jean Brousseau a toute l’âme qu’il faut pour jouer ce rôle […] Derrière ces masques, on sent l’homme qui souffre et qui cherche. »

Jean Brousseau fut en outre de la distribution de plusieurs pièces et téléthéâtres de Marcel Dubé (Le chant des cigales, Il est une saison, La nuit se lève, Dernière édition). Pour le compte, ses activités scéniques et télévisuelles s’avérèrent souvent complémentaires.

Rôles importants

Au début des années 1980, il décrocha coup sur coup deux rôles importants au petit écran. Le premier en tant que le dissident Paul Gouin dans la minisérie politico-historique Duplessis,scénarisée par Denys Arcand et le second, en tant qu’Esdras Jobin dans la chronique d’après-guerre Boogie-woogie 47 (1980-1982), écrite par Claude Jasmin.

Soucieux de la défense des droits de ses pairs, Jean Brousseau s’impliqua auprès du comité directeur de l’Union des artistes, dont il fut brièvement le président, de 1974 à 1975. Fait à signaler : il compte parmi les principaux artisans de la première convention sur le doublage des films et des séries au Québec.

Jean Brousseau était l’époux de l’actrice Lise L’Heureux et le frère du chanteur Hervé Brousseau.

À voir en vidéo