​Sur vos écrans: à leurs risques et périls

Une scène tirée du documentaire «Daraya, une bibliothèque sous les bombes»
Photo: RDI Une scène tirée du documentaire «Daraya, une bibliothèque sous les bombes»

La bibliothèque qui sauve

 

Les bibliothèques du Québec ont enfin ouvert leurs portes vendredi, après être restées fermées plus de deux mois et demi. Une éternité pour les assidus de ces lieux de découvertes, qui font également office de refuge pour plusieurs. C’est le cas de la bibliothèque dont il est question dans ce très beau documentaire de Bruno Joucla et Delphine Minoui, celle qu’ont fondée un peu par accident un groupe d’amis durant le siège de Daraya, en Syrie. Grâce aux images captées par Shadi Matter, un caméraman en herbe, qui a documenté le quotidien de son entourage et de ses amis durant les trois ans et neuf mois qu’a duré cet encerclement par le régime Assad de cette ville aujourd’hui fantôme, on découvre comment de jeunes gens ont réussi à monter une bibliothèque un peu clandestine dans une cave et à en faire un lieu de loisir, de formation, de célébrations heureuses et de funérailles, mais aussi un « outil » contre le découragement et la radicalisation. Le journal filmé de cette expérience se poursuit au-delà du siège, puisqu’on suit Shadi dans son exil en Turquie, là où il retrouve quelques-uns de ses compagnons de combat et garde le contact avec ceux qui sont toujours en Syrie, dont l’un d’entre eux qui a œuvré au sein d’un projet de bibliobus à Idlib.

Il transpire de ce portrait d’un groupe d’amis qui s’est formé autour du projet qui les a transformés une volonté de montrer comment ils ont réussi à lutter contre les effets des attaques armées envers leur communauté en essayant de construire quelque chose de positif. Et de poursuivre leur combat autrement, loin de leur pays en ruines, qu’ils espèrent un jour retrouver. De quoi réfléchir un peu quand vous retrouverez votre bibliothèque publique préférée.


Daraya, une bibliothèque sous les bombes
RDI, le mardi 2 juin, 20 h
 

Raviver une flamme dangereuse

 

Cette minisérie française, un thriller amoureux et policier prenant, quoique pas très original, ne fait aucunement référence au film d’Hitchcock du même titre, si ce n’est que certains personnages auraient pu figurer dans un des opus du maître du suspense. C’est le cas du personnage central de cette histoire d’amours et de meurtre, Victoire, incarnée parJulie Gayet (La turbulence des fluides, Quai d’Orsay), une enseignante parisienne à la santé fragile, qui revient vivre avec son mari policier et sesenfants dans son village natal et retombe rapidement dans les bras de son amour de jeunesse, qui l’avait pourtant laissée dans des circonstances troubles 20 ans plus tôt.

Photo: François Lefebvre / FTV Les acteurs Bruno Debrandt et Julie Gayet dans la télésérie française «Soupçons» 

L’amant retrouvé (Bruno Debrandt, qu’on a pu voir ici dans la série policière Cain dans le rôle-titre) devient le suspect privilégié par les enquêteurs (dont le mari de sa maîtresse) du meurtre de sa femme, dont la disparition mystérieuse laisse planer des doutes dans l’esprit de plusieurs, dont Victoire, déchirée entre cette nouvelle relation hasardeuse et sa famille. La trame ultra-usée de cette minisérie inégale, tant dans le jeu des acteurs, souvent caricatural, que dans les dialogues, qui le sont tout autant, s’avère tout de même fort efficace puisque, malgré les nombreux soupirs d’exaspération qu’elle peut provoquer, on se laisse prendre à vouloir poursuivre l’écoute jusqu’au dernier épisode pour connaître l’identité de l’assassin. Une série d’été, sans conséquences, mais pas désagréable.


Soupçons
​TV5, dès le jeudi 4 juin, 22 h
 

Coûteux million

 

Au début des années 2000, le jeu-questionnaire Who Wants to Be a Millionaire ?, une franchise britannique, connaissait un succès immense un peu partout dans le monde. L’édition « originale » a été le théâtre d’une tricherie qui a permis à un concurrent, Charles Ingram, de remporter le gros lot d’un million de livres. Le goût de la victoire fut de courte durée puisque les stratagèmes mis en place avec le concours de son épouse ont été mis au jour, et ces derniers ont fait l’objet d’un procès criminel très médiatisé. Cette histoire bien vraie a inspiré le dramaturge et scénariste James Graham (Brexit : the Uncivil War), qui en a fait une pièce, puis une minisérie en trois épisodes, réalisée par nul autre que Stephen Frears (Les liaisons dangereuses, la série State of the Union).

Cette production de la chaîne ITV, qui a d’ailleurs jadis diffusé la célèbre émission, raconte comment Ingram (Matthew Macfadyen, M. Darcy dans la version 2006 de Pride and Prejudice), qui n’aime pas particulièrement ce type de jeu, mais qui a le profil du concurrent « sans danger » pour l’émission, a réussi à faire mentir les probabilités grâce à l’aide « toussotante » de sa femme (Sian Clifford, la sœur de Fleabag), une mordue de jeux-questionnaires, et son beau-frère, devant Chris Tarrant, l’animateur qui n’a rien vu, incarné par Michael Sheen (Master of Sex). Comme la conclusion de cette étrange histoire est connue depuis plus de quinze ans, l’intérêt réside dans le chemin pour s’y rendre, des origines du jeu même au verdict du procès qui condamnera les tricheurs pour escroquerie.


Quiz
​AMC, dès le dimanche 31 mai, 22 h

Les visionnements de la semaine

Cette semaine, les suites de deux séries dramatiques adolescentes sont mises en ligne, avec un niveau d’intérêt fort différent. La production originale de Club Illico, La dérape, l’une des plus populaires de la plateforme, plantée dans l’univers des compétitions de karting, offre dans cette troisième saison un dernier tour de piste à son héroïne Julia (Camille Felton), devenue pilote professionnelle qui se lance dans les circuits majeurs et laissera ses jeunes admirateurs sur le carreau. On ne comprend pas trop pourquoi on a jugé bon d’étirer la sauce de Treize raisons (13 Reasons Why) au-delà de la deuxième saison, déjà superflue après le premier effort, marquant par son traitement de l’intimidation, des violences sexuelles et du suicide chez les adolescents d’aujourd’hui. Ce quatrième tome, ayant toujours pour décor l’école secondaire Liberty High et ses élèves traumatisés par quelques tragédies, plaira peut-être aux irréductibles fans, et encore…


​La dérape / 13 Reasons Why
Club Illico, dès le jeudi 4 juin / Netflix, dès le vendredi 5 juin

Et un autre joueur dans l’arène numérique…

La très attendue (et redoutée…) plateforme de visionnement en continu HBO Max a été lancée chez nos voisins du Sud mercredi dernier, proposant un lot de productions originales et un catalogue de « valeurs sûres », dont la comédie Friends. Au Canada, Crave relaie certains titres de ce nouveau joueur dans le marché achalandé des plateformes numériques. Parmi les premières séries originales disponibles dès maintenant, on compte une compétition d’artisanat pour les jeunes, Craftopia, une compétition de danse « vogue » intitulée Legendary et une comédie romantique d’anthologie, Love Life (notre photo), dont chaque saison suivra le parcours amoureux d’un personnage. Anna Kendrick tient le rôle principal de ce premier effort.