En VsD cette semaine - Mercure, Rossignol et Piccoli

Une scène du film «Les vautours», avec Monique Mercure, Gilbert Sicotte et Amulette Garneau
Photo: Télé-Québec Une scène du film «Les vautours», avec Monique Mercure, Gilbert Sicotte et Amulette Garneau

Chaque semaine se trouvent réunies en une même section quelques propositions de films et de documentaires accessibles gratuitement ou contre paiement en VSD.
 



Monique Mercure, la vibrante

Au fil des ans, on a beaucoup parlé du film de Jean Beaudin J.A. Martin photographe (1977), à raison. En effet, cette chronique d’un amour qui renaît entre deux époux sur fond rural de Québec d’autrefois vaut d’être vue et revue. Il y a, bien sûr, la mise en scène patiente, très inspirée du cinéaste, de même que la direction photo évocatrice de Pierre Letarte et Pierre Mignot, ainsi que le jeu savoureux de Marcel Sabourin. Mais il y a surtout la performance merveilleusement nuancée de Monique Mercure, décédée cette semaine à 89 ans et qu’on retrouve ici avec bonheur, vibrante et volontaire. Prix d’interprétation féminine à Cannes (avec Shelley Duvall pour Three Women de Robert Altman).

J.A. Martin photographe
Gratuit sur onf.ca
 

Photo: Télé-Québec Monique Mercure dans le long métrage «J.A. Martin photographe»

 

Monique Mercure, l’inquiétante

On est en revanche moins souvent revenu sur le film de Jean-Claude Labrecque Les vautours (1975), œuvre autobiographique tout aussi révélatrice, le romantisme en moins, du Québec d’hier. Gilbert Sicotte incarne un jeune homme fraîchement diplômé qui, après la mort de sa mère veuve, est floué par trois tantes venues s’emparer de l’héritage. Monique Mercure joue « matante Yvette », l’exécutrice (testamentaire) perfide : sa tête occupe symboliquement la place de celle du volatile du titre sur l’affiche originale. Restauré par Éléphant mémoire du cinéma québécois.

Les vautours
Disponible sur Illico et iTunes

 
 

Michelle Rossignol, la flamboyante

Dans Il était une fois dans l’Est (1973), André Brassard puise dans six pièces de Michel Tremblay (Les belles-sœurs, Hosanna, La duchesse de Langeais, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, En pièces détachées et Demain matin, Montréal m’attend), coscénariste, la substance d’un récit choral tout de bruit, de fureur et de déchirements. On alterne principalement entre Hosanna et Les belles-sœurs : Michelle Rossignol, emportée cette semaine également, à 80 ans, reprend le rôle phare de la scandaleuse Pierrette, tandis que son amie Monique Mercure vient faire coucou dans celui de Rose Ouimet. Longtemps négligé, ce film est une pure merveille. Restauré par Éléphant mémoire du cinéma québécois.

Il était une fois dans l’Est
Disponible sur Illico et iTunes

 
 

Michel Piccoli, les débuts

Autre grand disparu, Michel Piccoli, victime d’un AVC à 94 ans, laisse dans son sillage une filmographie immense. Dans Le mépris, où il trouva l’un de ses premiers rôles principaux, il est Paul, un scénariste parisien chargé de réécrire une adaptation de L’odyssée que prépare à Capri le réalisateur Fritz Lang (lui-même) sous la férule d’un producteur américain vulgaire (Jack Palance). Camille (Brigitte Bardot), son épouse, l’accompagne et déchante devant son aplaventrisme, Paul ayant tôt fait de troquer l’art pour le commerce. Dans ce qui demeure l’un des plus brillants films sur le cinéma, Jean-Luc Godard se moque allègrement (lire : méprise) de ses propres producteurs Joseph E Levine et Carlo Ponti par effet miroir.

Le mépris
Sur iTunes

Photo: Télé-Québec Dans «Le mépris», Michel Piccoli trouva l’un de ses premiers rôles principaux, partageant l’écran avec Brigitte Bardot.
 
 

Michel Piccoli, la maturité

Des années plus tard, et non qu’il eut manqué de partitions marquantes dans l’intervalle, Michel Piccoli trouva l’un de ses plus beaux rôles dans La belle noiseuse, de Jacques Rivette. Piccoli interprète Édouard, un peintre célèbre qui a renoncé à son art après avoir laissé un tableau en plan : La belle noiseuse. Au hasard d’une visite avec son conjoint artiste, la jeune Marianne (Emmanuelle Béart) devient, de mauvais puis de plein gré, le nouveau modèle d’Édouard. Elle qui occupa cette fonction la première, Liz (Jane Birkin), l’épouse d’Édouard, met Marianne en garde contre les répercussions insoupçonnées de la pose…

La belle noiseuse
Offert dans sa version intégrale de quatre heures à Criterion Channel

 



Une version précédente de ce texte, qui indiquait que Carmen Tremblay se trouvait sur la photo qui l'accompagne, a été modifiée.