Après OD, la vie

Pour cette édition en confinement, les anciennes candidates d’«OD Afrique du Sud» sont rassemblées en grand groupe avec Marie-Lyne Joncas (au centre) en vidéoconférence.
Photo: Productions ToRoS Pour cette édition en confinement, les anciennes candidates d’«OD Afrique du Sud» sont rassemblées en grand groupe avec Marie-Lyne Joncas (au centre) en vidéoconférence.

Nombreux sont ceux qui rêvent à leurs quinze minutes de gloire. Mais une fois ce dernier acquis, on fait quoi ? Les candidats de la téléréalité OD, eux, se retrouvent avec des contrats. Des offres de collaborations. Des propositions de pubs. Des propositions en tous genres. Des verres sur le bras. Sur plein de bras. Dans Après OD, un concept de son cru — « c’est mon idée originale, si vous voulez le marquer quelque part » —, Marie-Lyne Joncas sonde ce qui arrive une fois que c’est fini.

Une fois les caméras rangées, l’avion repris, les cellulaires rendus. Une fois la vraie vie retrouvée.

Dans le dernier volet de cette série documentaire, soit Après OD Grèce, l’animatrice se rendait chez les anciens participants un par un, deux par deux. Elle en aidait un à monter son sofa, en accompagnait une autre à sa séance de surf, enfilait la bague qui change de couleur d’une troisième.

Pour cette édition en confinement, les anciens d’OD Afrique du Sud sont rassemblés en grand groupe sur Zoom, chacun chez soi. Pas de défilement possible (sous peine de laisser un écran vide, un mur blanc et un lit défait à sa place). Un décor propice à la confession, croit-elle. « Il y a eu des larmes, de la friction, de l’honnêteté, de la franchise. » Effet recherché ? « Mais oui. On veut savoir qui a laissé qui, comprenez-vous. » Et qui a laissé l’autre PAR TEXTO. (Pouvez-vous croire ?)

L’envers du décor

Des gens qui s’embrasent, qui s’embrassent, qui en embrassent d’autres, qui s’embarrassent dans leur syntaxe. Tout ça, c’est drôle et Marie-Lyne Joncas est la première à le dire.

Mais derrière le spectacle, il y a aussi des spectateurs qui oublient parfois que les participants ne sont pas des personnages.

Dans Après OD, l’animatrice s’adresse ainsi à « Camille. Camille. Camille. La mal aimée des filles ». Cette dernière confie que les commentaires haineux à son retour l’ont anéantie. Elle s’est réfugiée au Saguenay, pour « se ressourcer ». « Elle recevait des messages de gens lui disant de se suicider. C’était inhumain. »

Ces messages, parfois horribles, parfois gentils, ils arrivent d’un coup, une fois l’aventure des candidats terminée. Car pendant le tournage, ils n’ont accès ni à leurs proches, ni à leur cellulaire, ni aux réseaux sociaux. Ces derniers, c’est notamment Charles Lemay qui s’en charge. L’attaché de presse des Productions J anime les comptes Instagram des élus pendant qu’ils vivent « l’expérience OD ». Il voit leur montée en popularité, la déferlante de commentaires qui s’ensuit. Comme il l’illustre : à la fin de la saison, ce ne sont plus seulement des gens avec beaucoup d’abonnés. Ce sont des créateurs de contenu.

Face à ces chiffres mirobolants, certains perdent leurs moyens. La réalité après la téléréalité, ça peut être brutal. « J’essaie de leur donner des outils pour les aider. Je les préviens que le choc du retour sera gros, confie Charles Lemay. Reste que moi, je ne l’ai pas vécu. Je ne sais pas c’est quoi être enfermé dans une maison et ne pas savoir ce qui se passe en parallèle au Québec. »

Enfermés dans une maison longtemps avec les mêmes gens, maintenant, la plupart d’entre nous le savent. « Mais pendant la pandémie, nous avons accès à nos médias sociaux, lance Marie-Lyne Joncas. Pendant le tournage, les candidats, eux, n’ont pas un papier, pas un crayon, pas un livre, pas de musique. Rien. »

C’est de ça que parle cet « Après ». Mais aussi de « feeling », de « frenchage » et de « trompage ». (Faudrait quand même pas dénaturer la bête.) Car l’animatrice-humoriste tire des confidences facilement. « Ça s’ouvre, ça s’ouvre, ça parle, ça parle. On dirait que c’est comme si les ex-participants ne captaient pas que ce qu’on veut, c’est du croustillant. Et ils nous en donnent plein. »

Mais peut-être que, justement, ils le captent très bien, non ? « C’est vrai que ce sont des bibittes à attention. »

Et de l’attention, ils en ont. Beaucoup. Parfois trop ? Notamment durant « la tournée des bars » qui suit la fin de la téléréalité animée par Jay Du Temple et qui consiste exactement en ce que son nom sous-entend. Une tournée promotionnelle. Dans des bars. « La première année où je les ai accompagnés, les choses ont dégénéré, se souvient Marie-Lyne. Les gens montaient sur les murs, se coulaient des shooters dans la face. Ce sont des rockstars, je vous le dis. Le public réagit devant eux que comme moi devant un Backstreet Boy. Beaucoup ressortent d’OD vraiment changé. Des fois pour le mieux. Des fois pour le pire. »

À voir en vidéo

Après OD Afrique du Sud

​En ligne le 20 mai sur noovo.ca