En VsD cette semaine – Petites filles, vieilles dames et mafia!

Une scène du film «La dernière leçon» dans lequel Sandrine Bonnaire incarne la fille d’une nonagénaire qui a décidé que le moment était venu de quitter ce monde.
Photo: Pascale Pouzadoux Une scène du film «La dernière leçon» dans lequel Sandrine Bonnaire incarne la fille d’une nonagénaire qui a décidé que le moment était venu de quitter ce monde.

Chaque semaine se trouveront réunies en une même section quelques propositions de films et de documentaires accessibles gratuitement ou contre paiement en VSD. Une belle façon de nous distraire du confinement avec intelligence, beauté ou drôlerie, voire tout cela.​
 



Émouvante Marthe Villalonga

 

L’adjectif « lumineux » aurait été inventé pour qualifier le sourire de Sandrine Bonnaire que ça ne surprendrait personne. En dépit de circonstances difficiles, on retrouve celui-ci étonnamment souvent dans le film La dernière leçon, dans lequel l’actrice incarne la fille d’une nonagénaire qui a décidé que le moment était venu de quitter ce monde. Loin du mélo, la réalisatrice Pascale Pouzadoux privilégie un drame teinté d’humour. Si Bonnaire est comme toujoursmerveilleuse, l’atout principal du film tient à la composition émouvante de Marthe Villalonga, actrice appréciée quantité de fois en soutien qui brille ici dans un rare premier rôle.

Sur tv5unis.ca

La belle noirceur

C’est une histoire qui se déroule au début du XXe siècle, celle de la révolte d’une adolescente oppressée par l’obscurantisme de son père, puis livrée aux pulsions de son frère. Un vieux manoir champêtre en est le théâtre. À force de secrets et de refoulement, la folie guette. Tiré du roman de Gaétan Soucy par le cinéaste Simon Lavoie, La petite fille qui aimait trop les allumettes (que joue Marine Johnson) oppose aux accents glauques du propos une beauté formelle envoûtante. La fluidité du mouvement d’ensemble — mise en scène, montage — est remarquable, à l’instar de la direction photo en noir et blanc.

Sur tv5unis.ca 


Prises de parole

Photo: Carole Roussopoulos

Outre le fait qu’elle était une immense comédienne, Delphine Seyrig fut une militante féministe très engagée. En témoigne, entre autres, le documentaire Sois belle et tais-toi, qu’elle réalisa en 1976, et dans lequel elle s’entretient avec des consœurs comédiennes — ou plutôt donne la parole à celles-ci. Elles sont vingt-trois, et pas des moindres : Ellen Burstyn, Shirley MacLaine, Marie Dubois, Jill Clayburgh, Jane Fonda, Maria Schneider, entre autres, sans oublier la Québécoise Luce Guilbeault, elle aussi très engagée de son vivant… Au menu : une dissection de ce que c’est qu’être femme dans ce métier face à des équipes, et des cinéastes, très majoritairement hommes.

Sur tënk.ca
 

Les riches en la cité

De Suède arrive le brûlot-documentaire Push, dans lequel le réalisateur et journaliste Fredrik Gertten enquête sur la difficulté croissante de trouver à se loger dans les grandes métropoles. À Barcelone, à Londres, à New York, mais aussi à Ottawa, Gertten interroge une pléthore d’intervenants, dont l’une remarque : « C’est beaucoup plus profond que l’enjeu de la gentrification. » La suite lui donne raison. Dynamique, décapante, la démonstration pointe — sans surprise mais avec force crédibilité — une carte blanche tacite accordée aux richissimes spéculateurs (et criminels à cravates) de ce monde qui, de plus en plus, « possèdent » ni plus ni moins les grandes villes.

Sur cinemamoderne.ca 


Splendeurs et misères des gangsters

Photo: Films Séville Le parrain montréalais Frank Paterno est interprété par le charismatique acteur Sergio Castellitto (au centre).

Homme de confiance du parrain montréalais Frank Paterno (charismatique Sergio Castellitto), Vincent Gamache (fabuleux Marc-André Grondin) a commis à l’insu de son employeur un acte impardonnable. Lorsque Paterno, conscient que l’étau des autorités se resserre, sentira la soupe chaude et tentera de larguer Gamache, ce dernier exécutera une vengeance sanglante. Or, il ne s’agit que d’un des maints enjeux de cette dense chronique mafieuse réalisée, avec son brio coutumier, par Podz. Librement adapté par Sylvain Guy de l’ouvrage factuel d’André Cédilot et André Noël, Mafia inc. possède un cachet distinctement montréalais, mais formule un propos qui résonne bien au-delà de la métropole.

Dès le 19 mai sur la plupart des plateformes