Sur vos écrans: un service en attire un autre

Lord Timothy Bell
Photo: CBC Lord Timothy Bell

Revoir son utilité

 

Quand on n’arrive plus à voir le beau dans le quotidien, il faut parfois se tourner vers ceux qui cherchent à le créer comme ils le peuvent pour retrouver un peu le moral… Cette nouveauté d’AMI-télé, une émission de « rénovation » à forte teneur humaine, remplit à merveille ce rôle, avec peu de moyens mais beaucoup de bonne volonté. On y suit Éric Fortin, un ébéniste qui a perdu la vue il y a trois ans des suites d’une maladie génétique, et qui a eu du mal à accepter ce bouleversement et à s’adapter à sa nouvelle condition. Grâce à son grand ami François Bossé, lui aussi ébéniste, il a repris du poil de la bête en l’aidant à rénover sa maison. Dans Pas plus compliqué que ça, il continue cette démarche qui lui permet de pratiquer à nouveau son métier en compagnie de son ami, en effectuant des petites rénovations et en bricolant des accessoires qui facilitent le quotidien de personnes en situation de handicap. Et ainsi reprendre confiance en lui.

Cette série documentaire réalisée par Frédéric Gieling (Fin de mois, Shotgun Ménard), au confluent du magazine pratique et de société, donne ainsi la parole à des personnes aux prises avec une maladie ou une condition handicapante et à leurs proches avec simplicité et sans pathos. Les rénovations et autres outils pratiques que leur concocte le duo de bricoleur, malgré leur envergure relativement limitée, ont souvent le potentiel d’améliorer considérablement la qualité de vie des bénéficiaires. Ainsi, la fabrication d’un lutrin de piano pour une jeune fille souffrant d’un problème de vision sévère lui permettra également de lire les petits caractères des bandes dessinées qu’elle n’a jamais pu lire. Ce projet télévisuel utile, autant pour ceux qui donnent que ceux qui reçoivent, ne révolutionne certes pas la télé, mais il fait beaucoup de bien et donne envie d’en faire autant, à sa façon…


Pas plus compliqué que ça
AMI-Télé, lundi, 20 h

 

Améliorer le portrait

 

Le nom de lord Timothy Bell ne vous dit probablement pas grand-chose, mais vous connaissez assurément certains des clients de ce publicitaire et spécialiste des relations publiques. Le cofondateur de Bell Pottinger, une firme multinationale de relations publiques qui a pour tâche de redorer le blason de puissants à l’image négative ou amochée, s’est fait connaître pour sa collaboration à la campagne électorale de Margaret Thatcher en 1979, puis avec plusieurs autres personnalités politiques et régimes controversés… Ce documentaire, d’abord présenté au Festival de Sundance cet hiver, et programmé à CBC dans le cadre d’une entente avec les Hot Docs de Toronto, dresse le portrait de cet homme de l’ombre et de son entreprise de relations publiques, de ses débuts en publicité en passant par les manigances moralement discutables, et autres « fausses nouvelles » élaborées pour des gouvernements plus ou moins démocratiques et des entreprises, jusqu’à la faillite de Bell Pottinger en 2017, qui a été accusée de provoquer des tensions raciales en Afrique du Sud afin de préserver la réputation d’une puissante famille proche du président Zuma. Ce documentaire, qui dresse un bilan peu reluisant de l’homme et de sa compagnie, fascine autant qu’il dérange, principalement grâce aux interventions quasi fantomatiques et cousues de fil blanc de lord Bell qui ont été tournées avant son décès en août 2019. Il admet en fin de course avoir peut-être été amoral, mais pas immoral. Après ce documentaire, on a bien du mal à le croire…


Influence
CBC, jeudi, 20 h

 

Quand le Canada a dit « non »

 

En mars 2003, le gouvernement canadien a annoncé son refus de participer à une guerre en Irak aux côtés des États-Unis et du Royaume-Uni. Ce long métrage documentaire de Claude Guilmain revient sur cet épisode marquant de l’histoire politique récente du pays, des lendemains du 11 Septembre à la veille du déclenchement officiel de cette guerre dont les conséquences se font encore ressentir sur l’échiquier politique mondial. Le film, à la facture classique et au déroulement chronologique, dont la forme rappelle la défunte émission Tout le monde en parlait, raconte du point de vue canadien les coulisses de cette crise peu commune avec nos voisins du sud. Le premier ministre d’alors, Jean Chrétien, son conseiller diplomatique Claude Laverdure et l’ambassadeur canadien aux Nations unies à cette époque, Paul Heinbecker, relatent avec un souci du détail et de l’anecdote révélatrice cette période houleuse du jeu politique international telle que vécue de l’intérieur, tandis que des spécialistes tels que la chroniqueuse politique Chantal Hébert et la professeure Karine Prémont viennent mettre en perspective leurs propos.

Les férus de relations politiques canado-américaines et de politique canadienne n’apprendront sans doute rien de bien neuf, mais les autres, tout particulièrement ceux qui étaient trop jeunes pour s’en souvenir, trouveront une introduction intéressante à cette période houleuse pour le Canada sur la scène politique internationale.


Sur la corde raide
onf.ca, dès lundi

Le visionnement de la semaine

La première saison de cette adaptation à l’écran d’un balado de fiction qui racontait l’enquête dont faisait objet une ex-travailleuse sociale qui a oeuvré au sein d’une organisation qui favorisait la transition de soldats vers la vie civile a fait grand bruit lors de son lancement, grâce entre autres à sa tête d’affiche, Julia Roberts. Dans ce deuxième effort, qui s’éloigne du balado, c’est au tour de la chanteuse et actrice Janelle Monáe de tenir la vedette dans le rôle d’une ex-militaire qui se réveille à bord d’un canot sur un lac, ignorant comment elle s’est retrouvée là. Sa quête pour comprendre ce qui lui est arrivé la mènera à la fameuse organisation Homecoming.


Homecoming, saison 2
​Prime Video, dès vendredi

 

Journalisme étudiant utile

Ce téléfilm « de luxe » produit par HBO s’inspire de l’histoire bien vraie relatée dans un article du New York Magazine en 2004. On y raconte comment une élève d’une école secondaire publique bien cotée de Long Island a mené une enquête pour le compte du journal étudiant qui a révélé comment le superintendant du district scolaire, le Dr Frank Tassone (Hugh Jackman), très apprécié dans sa communauté, et son assistante, Pam Gluckin (Allison Janney), ont détourné des millions de dollars de fonds publics. De quoi inspirer quelques jeunes journalistes en herbe.


Bad Education (V.O., s.-t.f.)
Crave, dès vendredi