«Mix sonore»: recevoir comme Martha

UNIS

Il y a chez Martha Wainwright un élan viscéral qui tient tout autant du partage que de l’accueil. Un naturel surtout, qui s’accommode tout autant d’un balcon improvisé (pour jeter un peu de beauté sur la noirceur d’une pandémie qui nous tient en otage ces jours-ci) que d’un plateau à déploiement où elle offre sa fougueuse fragilité en pâture sans s’économiser. La retrouver à la barre de Mix sonore, ce nouveau rendez-vous musical d’Unis, tient de la suite logique, quasi mathématique.

Quoique, à vrai dire, rien ne soit vraiment calculé ici. Et c’est parfait ainsi. La formule, qui allie performances et confidences, coule de source. S’il y a forcément eu écriture en amont, il y a visiblement eu réécriture sur la scène du bar The Marquee, à Halifax, une fois les caméras et les projecteurs allumés. Des années de partys de cuisine au sein de la tribu des Wainwright-McGarrigle auront contribué à nourrir ce rapport gourmand et désinvolte à la musique que Martha Wainwright charrie avec elle jusqu’ici.

La signature est toute canadienne, Unis oblige, ce qui produit une liste d’invités qui comporte son lot de diversités, avec à la clé, la possibilité de faire de vraies découvertes. Pour un Dumas, un Louis-Jean Cormier ou une Fanny Bloom bien connus ici, on trouve aussi dans le carnet de bal de Martha une Basia Bulat, une Jill Barber ou un Sam Roberts. Les échanges qui résultent de ces trios organisés sont aussi beaux que spontanés, tantôt planants (No Surprises de Radiohead en duo avec Ingrid St-Pierre est proprement magique), tantôt joueurs ou délirants. Du très joli qui a un goût de revenez-y.

Mix sonore

Unis, samedi, 20 h