Les flâneuses

Photo: Le Devoir
Odile Tremblay

En souvenir d’Idir
La mort en fin de semaine dernière d’Idir (Hamid Cheriet), grand compositeur-interprète algérien (établi en France) qui propulsa la musique kabyle sur la scène internationale, est l’occasion de réécouter ses complaintes immortelles. Ceux qui ne possèdent pas ses albums à la maison peuvent entendre sur YouTube ou ailleurs ses chansons merveilleusement lyriques, dont son grand succès A Vava Inouva à deux voix avec sa partenaire, Mila, aux accents de sa guitare acoustique. Les paroles traduites sont d’une poésie remarquable : « Ô, fille Ghriba, fais tinter tes bracelets / Je crains l’ogre de la forêt père Inouba », dit-elle.


Manon Dumais

La librairie du village
Durant plus de 30 ans, Karen et Barry Mason, modestes banlieusards et parents de trois enfants, ont été les propriétaires d’une populaire boutique de West Hollywood où ils vendaient du matériel porno gai. Réalisé par leur fille Rachel Mason, le documentaire Circus of Books trace un portrait à la fois critique, nostalgique et bienveillant de ces deux soi-disant libraires (elle, juive pratiquante ; lui, athée insouciant), qui se sont retrouvés, à leur corps défendant, partie prenante de la contre-culture et au cœur de la lutte pour les droits de la communauté LGBTQ. Sur Netflix.


Louise-Maude Rioux Soucy

Il n’y a pas d’âge pour vivre
Qui trop embrasse, mal étreint ? À l’écoute de Bibelot et Bingo, réjouissantes capsules Web sur le vieil âge que signe Joannie Lafrenière, à Radio-Canada, force est de conclure que l’adage a tout faux. Pour certaines de ces âmes bien nées, l’âge n’est visiblement pas prétexte à s’arrêter de vivre jusqu’à l’ivresse. Mieux, cet antidote contre l’âgisme nous permet de prendre des nouvelles de l’infatigable actrice Béatrice Picard, dont les confessions joueuses nous accrochent un sourire béat aux lèvres. Et que dire de la pétillante Jacqueline et son carnet rouge aux 155 noms bien comptés ? Craquante !


Katia Tobar

Kalifat, l’angoisse de l’emprise
Attentat imminent, radicalisation d’adolescentes en recherche d’identité, on suit dans la série suédoise Kalifat (Caliphateen V.O.) les destins reliés de trois femmes sous emprise. Celui de Fatima, agente de la Säpo, qui tentera de déjouer un attentat en défiant sa hiérarchie. Celui de Pervin, Suédoise installée à Raqqa, mariée à un membre du groupe armé État islamique qui veut s’enfuir avec son bébé, et celui de Sulle, adolescente enrôlée qui veut rejoindre la Syrie. Suspense, angoisse, peur, colère, impuissance… et une fin qui vous fera hurler de frustration.