«Through the Darkest of Times»: un jeu nécessaire

Visuel de «Through the Darkest of Times»
Photo: Handygames Visuel de «Through the Darkest of Times»

Il y a des jeux qui distraient. D’autres sont tout simplement nécessaires. Rares sont ceux qui se retrouvent au centre de ce diagramme de Venn. Le jeu de stratégie Through the Darkest of Times y arrive pile poil. On y prend la place du leader d’un petit groupe de Berlinois ayant décidé de mettre des bâtons dans les roues du régime nazi nouvellement arrivé au pouvoir, coûte que coûte. Et il y a beaucoup à perdre.

Janvier 1933, Berlin, donc. Le jeu débute avec la nomination d’Hitler à la chancellerie allemande. Notre petit groupe de quelques amis se réunit dans un café. Que faire pour freiner cette folie ? Et comment ne pas se faire arrêter par la Gestapo ?

Le jeu est divisé par chapitres d’une semaine, chacun mettant en scène les événements de l’époque. Sur une carte de la Ville Grise, le jeu propose une série d’actions à mener : collecter des fonds, rallier des partisans à notre cause, imprimer des feuillets critiques du gouvernement… À nous de choisir lesquelles entreprendre et lequel (ou lesquels) de nos camarades envoyer en mission, tout en gérant les risques associés à chaque sortie.

Les membres de notre groupe sont éclectiques et chacun a ses forces et ses faiblesses. Le travailleur communiste aura plus de chances de trouver des partisans dans une usine, par exemple, qu’une riche bourgeoise sociale-démocrate, laquelle sera plus utile dans d’autres contextes, comme celui d’une collecte de fonds.

Si notre groupe de résistants est fictif et généré aléatoirement au début du jeu, il est inspiré de vrais petits groupes qui ont œuvré contre le régime à l’époque. Through the Darkest of Times est d’ailleurs le premier jeu vidéo allemand à montrer des croix gammées légalement, autre façon pour le pays de faire la paix avec son passé peu glorieux.

Et on y goûte, à ce passé, car mener une lutte contre un régime violent a un coût. Il est effarant d’apprendre que, sous la dictature, un simple achat de papier peut mener tout droit à la prison, à la torture ou au camp.

Les fondateurs du petit studio indépendant berlinois Paintbucket Games, Jörg Friedrich et Sebastian Schulz, étaient déjà forts de leur expérience d’avoir créé des jeux d’impact dans leur ancienne vie au sein de l’industrie à grand budget. Les deux se sont en effet rencontrés lors de la conception du jeu de tir à la première personne Spec Ops : The Line, qui, si on lui a reproché à l’époque d’être un émule de la série Call of Duty, explorait la guerre de façon bien plus complexe.

Through the Darkest of Times est d’ailleurs beaucoup moins explicite dans sa représentation de la violence que ce jeu précédent. Illustré avec retenue par des croquis et des peintures et narré avec subtilité, le jeu sera marquant. Même si la lutte contre la tyrannie peut être vaine et même si elle mène parfois à une mort certaine, toujours est-il qu’elle est préférable à ne rien faire… et à être complice dans l’inaction.  

Through the Darkest of Times

Conçu par Paintbucket Games et édité par Handygames. Offert pour environnements Windows 10 et macOS via Steam.