Sur vos écrans: répertoires revisités

Une scène de «Tuné in»
Photo: UNIS Une scène de «Tuné in»

Rencontrer et remixer

 

La chaîne franco-canadienne a toujours réservé, dans la mesure de ses modestes moyens, une belle place à la chanson francophone d’ici dans sa programmation originale. Après la très belle série Balade à Toronto, puis sa suite Balade tout court, qui dressait le portrait d’artistes musicaux des quatre coins du Canada, voilà Tuné in, une série de rencontres avec des musiciens et chanteurs qu’anime l’ex-membre du groupe hip-hop Radio Radio Arthur Comeau, qui fait carrière solo et qui s’adonne à la réalisation d’albums. Pour chacun des épisodes, le rappeur et musicien s’entretient — dans sa langue colorée (et parfois difficile à comprendre…) originaire de la baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse — avec un artiste qu’il visite dans son coin de pays, discute de ses sources d’inspiration et visite des lieux significatifs pour celui-ci. Ce dernier improvise une reprise personnalisée d’un titre de Comeau, tandis que l’animateur a pour mission de bidouiller une reprise électronique d’une chanson importante du répertoire de l’invité, qu’il lui présente par la suite sous la forme d’un clip. Le rappeur, pas toujours à l’aise dans son rôle d’intervieweur, montre toutefois une belle curiosité et une fraîcheur qui rendent les échanges plus sympathiques et chaleureux. Dans les deux épisodes que nous avons pu voir, mettant en vedette Wilfred Lebouthillier et Jean-François Breau, l’exercice de relecture de chansons s’avère plus amusant quand c’est au tour de l’invité d’interpréter une chanson de l’animateur… On est curieux du résultat des rencontres à venir avec les « vétérans » Édith Butler, Patrick Norman et Laurence Jalbert…


Tuné in 
Unis, mercredi, 21 h 30, rediffusion, 18 h 30 
 

Le grand Jacques dans toute sa splendeur

 

Et ses travers... Le portrait biographique de Jacques Brel que dresse le réalisateur français Philippe Kohly, un habitué du genre, s’articule autour d’une question qui a taraudé les admirateurs de ce monstre sacré de la chanson : pourquoi a-t-il décidé de ne plus faire de spectacle, alors qu’il était en pleine gloire ? Le long métrage offre plusieurs réponses en remontant le cours de sa vie toujours menée dans l’urgence, digne d’un roman, grâce à un foisonnement d’archives exceptionnelles, de nombreuses entrevues avec Brel, des extraits de ses spectacles (dont beaucoup de chansons présentées dans leur intégralité). Les fulgurances, les passions, les contradictions et les failles de l’homme sont explorées avec beaucoup de nuances et sans complaisance. Le commentaire inspiré qui lie le tout ajoute un supplément d’âme à cette biographie vivante et généreuse.


Jacques Brel, fou de vivre
Artv, lundi, 20 h 30

 

Il était une fois… Leone

Photo: Télé-Québec Le documentaire «Sergio Leone, une Amérique de légende» raconte le cinéaste, du petit garçon qui se passionnait pour les bédés au réalisateur génial qui a su transposer une dimension bédéesque dans ses films de cowboys.

D’un géant de la musique, on passe à un géant du cinéma qui a donné à la musique un rôle à part entière dans ses œuvres, qui ont réanimé un genre moribond : le western. Cet autre documentaire français raconte Sergio Leone, du petit garçon qui se passionnait pour les bandes dessinées au réalisateur génial qui a su transposer une dimension bédéesque dans ses films de cowboys, guidé par la musique de son fidèle collaborateur (et ancien camarade de classe primaire) Ennio Morricone. Cette biographie un peu sage, mais tout de même passionnante, s’attarde au fabuleux destin cinématographique de Leone, en racontant les coulisses de la conception et de la fabrication de la demi-douzaine de films marquants qui ont fait sa légende. En complément de programme, sans doute l’opus le plus emblématique de son corpus, Il était une fois dans l’Ouest.


Sergio Leone, une Amérique de légende, suivi d’Il était une fois dans l’Ouest
Télé-Québec, lundi, dès 20 h

Le visionnement de la semaine

Ce sera un gros mois de mai pour Greg Daniels. Le créateur de la version américaine de The Office et de Parks and Recreation lance à la fin du mois Space Force, une nouvelle comédie « de bureau », mais aussi de science-fiction, sur les balbutiements de la nouvelle branche spatiale de l’armée américaine, qu’il a créée avec Steve Carell — nous vous en reparlerons… Et au tout début du mois est mis en ligne un autre de ses projets, qu’il mijote depuis des années, une comédie de science-fiction aux accents dystopiques. Upload nous entraîne en 2033, alors qu’il est maintenant possible lors de son trépas de se télécharger dans une vie virtuelle pour l’éternité, dans une version personnelle du paradis où chacun se voit attribuer un « concierge » qui le guide dans cette nouvelle existence. On y suit un trentenaire gâté par la vie tout près de la mort à la suite d’un accident de voiture autonome, qui fait le choix (pas très éclairé…) de cette nouvelle existence moins idyllique qu’il n’y paraît…

 


Upload
​Amazon Prime, dès vendredi
 

Mobilisation canadienne

Après le concert en ligne organisé par Elton John il y a trois semaines et celui piloté par Lady Gaga la semaine dernière, on a droit à un événement télévisuel canadien, essentiellement anglophone, mais diffusé sur les chaînes des deux solitudes, qui rendra hommage aux travailleurs essentiels en ce temps de crise. Céline Dion, qui a clôturé le concert de samedi dernier, et Marie-Mai formaient l’essentiel du « contingent » québécois dans l’imposante liste d’artistes et personnalités dont la participation a été annoncée dans les derniers jours (Bryan Adams, Michael Bublé, Buffy Sainte-Marie, Chris Hadfield, Margaret Atwood). Au moment où ces lignes étaient écrites, Guylaine Tanguay, Georges St-Pierre, le Cirque du Soleil, Sam Roberts et Charlotte Cardin venaient grossir les rangs des participants québécois.

 

Together Stronger, tous ensemble
Radio-Canada, V, Artv, Vrak, UNIS, CBC, CTV, Global et une multitude de plateformes en ligne, dimanche, 18 h 30