«Work in Progress»: au bord du précipice

Adrian S. Burrows / SHOWTIME

Les productions de fiction abordant les thématiques LGBTQ sont de plus en plus nombreuses sur nos écrans, pour le meilleur, puisque plusieurs d’entre elles permettent de défaire des préjugés tenaces, la plupart du temps avec intelligence et un humour libérateur. La comédie dramatique Work in Progress participe à cette tendance.

Elle fait le récit d’une période « transformatrice » dans la vie d’Abby, une quarantenaire aux allures masculines qui se traite elle-même de « grosse lesbienne », aux prises avec de nombreuses névroses, des troubles obsessionnels compulsifs et une tendance à la dépression. Au moment où elle avoue à sa thérapeute qu’elle mettra fin à ses jours si, dans six mois, sa misérable existence ne s’améliore pas, elle fait la rencontre d’un jeune homme trans qui va bouleverser son existence, peut-être pour le mieux…

L’épatante Abby McEnany, une comédienne et improvisatrice de la célèbre troupe Second City de Chicago, incarne à merveille ce personnage singulier aussi attachant qu’énervant, en grande partie inspiré de sa propre vie. La comédie qu’elle a créée en collaboration avec le réalisateur Tim Mason et Lilly Wachowski (Sense 8, La matrice), qui coproduit et coscénarise, explore sans tomber dans le pathos des enjeux complexes de santé mentale, d’identité sexuelle et d’acceptation de soi en arrivant à nous faire hurler de rire et, parfois, à nous faire verser une larme. On arrive au bout des huit épisodes un peu déboussolés, comme l’héroïne, et curieux de connaître la suite, qui est déjà en préparation.

Work in Progress

En version originale anglaise sur Crave ; en version française sur Super Écran, dès lundi, 20 h 30