L’acteur Ghyslain Tremblay emporté par la COVID-19

Ghyslain Tremblay (en avant-plan au centre) était reconnaissable par sa petite stature et son visage rieur.
Photo: Télé Québec Ghyslain Tremblay (en avant-plan au centre) était reconnaissable par sa petite stature et son visage rieur.

On apprenait ce mercredi la mort du comédien Ghyslain Tremblay, décédé le 7 avril à l’âge de 68 ans des suites de la COVID-19. Sa petite stature et son visage rieur le faisaient automatiquement ressortir du lot. Il possédait qui plus est un timing comique remarquable. Lequel était déjà apparent à ses débuts à la fin des années 1970 dans des émissions jeunesse telles que Les 100 tours de Centour et Pop citrouille. Au cours des années 1980 et 1990, il devint une figure incontournable très appréciée du public.

Né à Jonquière en 1951, Ghyslain Tremblay sut très jeune qu’il voulait faire carrière en théâtre. Sa voisine d’alors, la comédienne Louise Portal, se souvient avec émotion de leurs premières expériences sur les planches.

« On était une gang : Ghyslain, Marie Tifo, Rémi Girard, Jean-Pierre Bergeron, Anne Masson et moi. On a fondé une troupe de théâtre à Jonquière, vers 1966. On avait quoi ? Entre 15 et 17 ans ? Jean-Pierre avait écrit le texte, Ghyslain signait la mise en scène, Rémi était le coryphée, et Marie, Anne et moi jouions […] On avait présenté la pièce à un festival amateur et gagné un prix. [L’acteur et metteur en scène] Paul Hébert n’en revenait pas : on était si jeunes. Ghyslain avait un talent immense, c’était évident. Il a été admis au Conservatoire de Québec, en même temps que Marie… »

Marie Tifo à qui Ghyslain Tremblay eut l’occasion de donner la réplique dans le téléroman à saveur historique Le parc des braves (1984-1988), écrit par Fernand Dansereau. Cette interprétation faisant appel à son humour naturel, ainsi qu’à un surcroît de tendresse, lui valut un prix Gémeaux, en 1986. Il fut mémorable en aspirant nazi « Alberich » Boulet dans Cormoran (1990-1993), créé par Pierre Gauvreau. En vil personnage, le comédien souvent associé à des rôles sympathiques ou drôles trouva en effet un beau contre-emploi.

Un filon dramatique qu’il put exploiter davantage grâce à Janette Bertrand, qui lui confia le rôle du mari violent, face à Sylvie Léonard, dans l’inoubliable dramatique L’amour qui tue, de la série L’amour avec un grand A, en 1991. L’année suivante, il fut de la distribution de l’opulent téléroman Montréal PQ (1992-1994), imaginé par Victor-Lévy Beaulieu, avec à nouveau, entre autres partenaires, Marie Tifo.

Surtout actif au théâtre et à la télévision, il œuvrait également en doublage. Au cinéma, il fut du générique du classique Les Plouffe, de Gilles Carle, en 1980. Au fil des ans, il participa à une variété de films, dont Pas de répit pour Mélanie, de Jean Beaudry, et La vengeance de la femme en noir, de Roger Cantin, qui le ramenèrent à ses premières amours, soit les productions jeunesse.

On put aussi le voir en bourreau dans La veuve de Saint-Pierre, de Patrice Leconte, avec Juliette Binoche et Daniel Auteuil. Atteint prématurément de la maladie d’Alzheimer, il s’était retiré après une ultime participation à la série Les invincibles (2005-2009), de François Létourneau et Jean-François Rivard.

C’est le dramaturge Michel Marc Bouchard, originaire de la même région, qui a annoncé la triste nouvelle sur Facebook : « C’est avec une profonde tristesse que j’apprends à l’instant le décès de mon ami le comédien Ghyslain Tremblay. Nous nous sommes égarés avec les années, mais son souvenir en a toujours été un de joie. Repose en paix, mon ami si généreux. »