Les flâneurs

Photo: Le Devoir

Odile Tremblay

L’offrande de Dylan
Avec Murder Most Foul, Bob Dylan offre en ligne une inédite ballade-fleuve (17 minutes) aux confinés du monde. Il avait l’habitude de revisiter longtemps après les faits les grandes tragédies, du naufrage du Titanic à la mort de John Lennon. Avec cette complainte sur l’assassinat de John F. Kennedy, s’aidant de quelques instruments mélodiques et discrets (piano, cordes, etc.), le barde nobélisé témoigne d’une époque où tout bascule, comme celle d’aujourd’hui. « J’ai vu l’âme d’une nation être arrachée », chante-t-il de sa voix nasillarde unique aux échos prophétiques.


François Lévesque Détails de l'événement

Muscles et magie
Plus onéreuse série à ce jour de la plateforme Netflix, The Witcher se situe quelque part entre l’univers du Trône de fer et celui du Seigneur des anneaux. Henry Cavill, les cheveux blanc-blond, incarne le personnage éponyme : un chasseur de monstres et de démons dans un Moyen Âge sauce Fantasy à la parlure souvent très moderne. C’est plein d’alliances troubles et de trahisons… et d’un humour pince-sans-rire salutaire. Très bien fait, des effets spéciaux aux imposants décors. Les amateurs connaissent déjà, mais les curieux pourraient bien aimer.


Amélie Gaudreau

Retrouver Lila et Lenù
Les admirateurs de la saga amicale d’Elena Ferrante ont retrouvé l’esprit des livres dans la première saison de L’amica geniale (sur HBO et Crave en version originale italienne). La deuxième saison, qui transpose à l’écran le tome sous-titré « Le nouveau nom », dont les épisodes sont dévoilés hebdomadairement, est tout aussi réussie, sinon plus. D’ailleurs, l’épisode diffusé lundi aura de quoi réchauffer le cœur, puisqu’on y suit le duo d’héroïnes maintenant au seuil de l’âge adulte sur les plages chaudes d’Ischia.


Philippe Papineau

Le beau chemin de Mille Milles
​Le musicien Vincent Legault, du groupe Dear Criminals, ajoute un nouveau projet à un CV déjà bien garni. L’artiste, qui a déjà beaucoup joué pour le théâtre (dont avec Michel Rivard), revient avec le projet solo Mille Milles. Ces 12 pièces surtout instrumentales sont plutôt ardues à mettre dans une case, car le musicien flirte avec l’électronique, des textures pop nostalgiques, de la musique classique. En plus, il y ajoute quelques moments récités par Evelyne de la Chenelière, ce qui amène une couche poétique et mystérieuse, presque cyclique au disque. Mille Milles est happant, nuageux, ondulant. Il y a de quoi faire un bon bout de chemin avec ses morceaux.