«Ça va bien aller», une émission pour faire baisser la pression

Le comédien Fabien Cloutier (sur notre photo) et sa coéquipière Marie-Soleil Dion doivent régler en quelques jours les préparatifs de leur émission «Ça va bien aller», qui requerraient en temps normal plusieurs mois.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le comédien Fabien Cloutier (sur notre photo) et sa coéquipière Marie-Soleil Dion doivent régler en quelques jours les préparatifs de leur émission «Ça va bien aller», qui requerraient en temps normal plusieurs mois.

Au lieu de passer le râteau sur son terrain, Fabien Cloutier fait du gros rattrapage technologique depuis une semaine en prévision de l’émission Ça va bien aller, créée dans l’urgence à TVA pour accompagner le public alors que continue la pandémie. Le comédien et maintenant animateur doit jongler de la maison avec les caméras, le micro, l’oreillette dans laquelle on lui parlera à distance. Et puis jeudi, il a même réussi « pour la première fois » à connecter sur la même ligne téléphonique trois individus, soit lui-même, sa coéquipière dans l’aventure, Marie-Soleil Dion, ainsi que l’humble auteur de ces lignes.

Fabien Cloutier (Léo, Faits divers) et Marie-Soleil Dion (Like-moi, L’échappée) rigolent bien de leur étrange mais stimulante situation actuelle. Il y a à peine une semaine, Denis Dubois, vice-président aux contenus originaux chez Québecor Contenu, contactait les deux personnalités pour leur proposer la barre de Ça va bien aller, où le diffuseur veut « donner un rendez-vous à tout le Québec pour s’offrir de passer un bon moment avec des gens rassurants et divertissants ».

Tout va donc extrêmement vite pour eux, surtout pour une émission de télé, qui habituellement traverserait un océan de réunions, de pilotes et d’ajustements avant d’arriver en ondes. « Là, six mois, c’est six jours ! » s’exclame Fabien Cloutier. Et c’est sans compter qu’en raison des règles de confinement, Ça va bien aller, qui sera diffusée du lundi au jeudi à 19 h, se fait de manière décentralisée, chacun chez soi.

« Les caméras arrivent, explique Fabien Cloutier pendant que son plus vieux garçon, 13 ans au compteur, fait des tests techniques dans le sous-sol. Le gars qui les livre arrive chez nous, il dépose ça sur le balcon, il est habillé en blanc comme s’il venait chercher E.T. » Marie-Soleil Dion rigole. « Moi, je crois que nos voisins pensaient qu’on faisait de la drogue, comme dans Breaking Bad ! »

Mais le jeu en vaut la chandelle, croient les deux animateurs, qui prônent le laisser-aller pour tout ce qui est de la poutine techno d’une telle émission sans montage. « On doit tous être là-dedans, sans filets, et je pense que ça va faire partie de la qualité du show », croit-elle. Cloutier ajoute qu’« il ne faut pas essayer de faire un talk-show standard, c’est impossible ».

« Pas un show de plogues »

À partir du 6 avril, Ça va bien aller, qui sera d’une durée de 30 minutes, veut être un lieu de rassemblement pour les Québécois confinés, « une courroie de transmission vers le monde », de dire Dion. Il est important pour les deux animateurs de faire connaître les récits sur le terrain et d’accompagner les Québécois dans leurs tracas à la maison.

« Il y en a des gens en ce moment qui sont seuls. Il y a des gens âgés dans des chambres, il y a des familles dans de plus petits logements et il y a des gens tout seuls dans leur grande maison aussi, dit Fabien Cloutier. Le confinement, il peut être difficile pour bien du monde, et il y a une pression qui monte avec tout ça. Et peut-être que nous autres on peut aider à faire descendre cette pression-là, et parfois juste proposer des pistes de solution. »

Il faut être extrêmement vigilants sur le genre de choses qu’on dit et qu’on fait, parce qu’il ne faut pas avoir l’air d’une gang de gros bourges qui ont les moyens de trouver le temps long, tout bonnement, en buvant du vin nature et en grossissant !

 

Ça va bien aller verra défiler des invités, parfois connus, mais Marie-Soleil Dion insiste : « Ce n’est pas un show de plogues ou de vedettes. » Quand les « A » seront là, ce sera pour nourrir la discussion ou pour témoigner de leur situation, et non pas pour faire la promotion de leurs œuvres, ajoutent-ils.

Fabien Cloutier a dit oui à ce projet un peu fou « parce que j’ai l’impression que je peux faire du bien à du monde ». Et il ne veut pas que Ça va bien aller soit « un 5 à 7 entre vedettes qui se complaisent dans leur rôle de confinés souvent légers, laisse-t-il filer dans une envolée. Il y a des personnes qui ont perdu leur job et qui ne savent pas ce qu’elles vont manger dans les prochains jours. Il y a des gens qui ne sont jamais allés dans les banques alimentaires de leur vie et qui là doivent y aller. Il faut être extrêmement vigilants sur le genre de choses qu’on dit et qu’on fait, parce qu’il ne faut pas avoir l’air d’une gang de gros bourges qui ont les moyens de trouver le temps long, tout bonnement, en buvant du vin nature et en grossissant ! »