Quarante bonbons télévisuels pour meubler une quarantaine (1)

Illustration: Julia GR

La nécessité du confinement est mère de suggestions télévisuelles inspirées. Le Devoir a préparé une sélection très variée pour vous permettre de tenir le coup encabanés chacun dans vos chaumières. De tout pour tout le monde. Premier de quatre textes à venir.


Cheer (Netflix)

À Corsicana, ville texane de 23 700 habitants, la glaciale Monica Aldama a mis en place un entraînement militaire de cheerleading. Ses ouailles viennent souvent de familles brisées, de parents qui ne les ont pas acceptées. Dans ce sport, les garçons et les filles trouvent de l’espoir, une raison de vivre. Tout en se heurtant à la douleur, à l’épuisement, aux préjugés. En arrivant, ils assistent par exemple à un cours sur les valeurs du coin. « Ici, nous sommes très conservateurs, prévient la professeure. Nous sommes pro-vie. Nous aimons nos armes. Oh que oui, nous les aimons. » La bande de jeunes athlètes d’horizons variés semble un brin secouée par l’accueil. Réalisée avec inventivité par Greg Whiteley, cette excellente série documentaire montre toute la beauté et la cruauté d’une discipline « so American » qui pousse les participants à aller toujours plus loin, encore plus loin, parfois trop loin.

Natalia Wysocka

Photo: Courtesy of Netflix

Les éphémères 1 et 2 (Véro.tv)

La première saison de cette websérie comique, une suite de rendez-vous galants plus foireux les uns que les autres pour le pauvre Thomas (Pascal Barriault, également auteur de la série), à la recherche de l’âme soeur, s’avérait certes amusante à regarder, malgré son trop-plein de clichés malheureusement pas assez « égratignés » pour en faire quelque chose d’original. La deuxième saison raconte cette fois les dates risibles de la meilleure amie de Thomas, Laurence (Catherine Chabot), qui ne souhaite pas particulièrement rencontrer l’homme de sa vie. Les malaises, convenus ou non, sont toujours au rendez-vous, les clichés aussi, mais avec un peu plus de finesse.

Amélie Gaudreau

Photo: Tou.tv

Sur les traces d’un tueur en série (Crave)

Le genre documentaire « true crime » connaît un essor incomparable sur la planète télé, et le Québec semble à peine se joindre à cette déferlante d’enquêtes qui remettent sur le dessus de la pile des dossiers poussiéreux de crimes irrésolus. Cette série, qui s’intéresse non pas à une seule affaire mais à plusieurs dizaines de meurtres de femmes commis dans la région de Montréal dans les années 1970 et 1980, est sans doute la plus ambitieuse du lot et la plus captivante. La patiente enquête des trois spécialistes que nous suivons dans leurs recherches qui ne piétinent jamais trop longtemps se déploie tranquillement, mais sûrement, tout en nous accrochant solidement jusqu’au prochain épisode. On peut d’ailleurs maintenant « l’engloutir » tout d’un coup en ligne.

Amélie Gaudreau
 


 

14 mille millions de choses à savoir (Tou.tv)

Les magazines jeunesse divertissants et drôles sont devenus avec le temps la norme absolue, en plus d’apprendre quelques petites choses aux téléspectateurs. Celui-ci, un parfait mélange d’étalage d’informations plus ou moins importantes et de sketchs hilarants, auxquels sont souvent intégrées des chansons originales toutes aussi bidonnantes (et parfois vers d’oreille), s’avère un plaisir pour toute la famille, même pour les très grands enfants sans progéniture. On embarque facilement dans la douce folie des comédiens Pier-Luc Funk, Gabrielle Fontaine, Anna Moulounda Beaupré et de l’animateur Pierre-Yves Roy-Desmarais, qui prennent un plaisir évident à donner vie à ce cousin pas très éloigné de Pop Citrouille.

Amélie Gaudreau

Photo: Tou.tv


 

Undone (Prime Video)

La rotoscopie, qui donne un filtre d’animation à des prises de vue avec de vrais acteurs, peut donner une ambiance un peu paranoïaque à l’oeuvre dans laquelle elle est utilisée, comme c’était le cas dans A Scanner Darkly, de Richard Linklater. Dans cette très belle série dramatique imaginée par les créateurs de BoJack Horseman, ce procédé sert magnifiquement le récit autour d’une jeune femme malheureuse (Rosa Salazar) qui a été victime d’un grave accident de la route. Ses hallucinations (ou sont-ce des rêves ?) l’amènent à réfléchir à son rapport au temps, qui a été complètement transformé, et à « enquêter » sur la mort de son père (Bob Odenkirk), un professeur de physique quantique dont les travaux portaient sur le voyage dans le temps. Du beau et du bon pour les yeux et l’esprit.

Amélie Gaudreau

Photo: Amazon Prime Video

Next in Fashion (Netflix)

Des idées ambitieuses, d’autres qui tombent à plat, des juges qui changent d’idée comme ils changent de chemise et des conseils pour porter l’imprimé sans trop détonner ou des talons hauts sans glisser. Voici Next in Fashion, animée par la mannequin Alexa Chung, qui défile aux côtés de Tan France, l’expert branché de la série Queer Eye. Le concept ? Simple. À chaque épisode, les candidats créent des tenues qu’ils présentent lors d’un défilé. Les thèmes vont du tapis rouge à la lingerie. Et ils sont jugés, notamment, par le créateur renommé Phillip Lim. Parmi les participants, presque tous charmants, on trouve Kiki Kitty, qui a été « designer fantôme » pour Fubu et Beyoncé. « Je suis fatiguée d’être à l’arrière-plan », avoue-t-elle d’emblée. On fait aussi la connaissance d’Isaaq Saquib, qui se targue d’être « le seul designer de street wearluxueux pakistanais-américain de New York ». On aime le tout pour sa propension à promouvoir l’entraide avant la mesquinerie. Excellent en temps de pandémie. Et « very couture ! »

Natalia Wysocka

Photo: Netflix

J’étais là (Tou.tv)

Belle idée que cette collection de huit courts métrages documentaires qui relatent chacun le récit d’un événement de l’histoire récente par l’entremise d’un témoin, en « direct » ou par personne interposée. Plutôt que d’utiliser la bonne vieille méthode de la « tête parlante », on a fait appel à des illustrateurs de différents horizons graphiques pour raconter ces moments où se sont croisées la petite et la grande histoire. On y rencontre un futur prêtre qui « défroque » au festival de Woodstock, un invité au tout premier mariage gai dans le monde, un spectateur du concert de Nirvana aux Foufounes électriques… Au bout des huit petits films engloutis tout d’un coup, on se dit qu’on en aurait pris encore plusieurs comme ça. Note aux créateurs…

Amélie Gaudreau

Photo: Tou.tv


 

File d’attente 2 (tv5unis.ca, dès vendredi ; Unis, dès le 7 avril)

Dans la première saison de cette comédie dramatique imaginée (et interprétée) par Réal Bossé, la file d’attente servait de prétexte pour raconter le destin de deux familles qui s’entrecroisent sans vraiment se connaître, des gens ordinaires avec des problèmes ordinaires (et parfois un peu extraordinaires) auxquels on pouvait s’identifier. La deuxième saison, plus dramatique, du moins dans ses premiers épisodes, poursuit son récit patient, mais en s’appuyant moins sur le concept de la file. Cela dit, l’attente est toujours là, et les attentes des personnages aussi. Ça ne les rend que plus vrais et attachants. À regarder en rafale ou à petites doses hebdomadaires.

Amélie Gaudreau

Photo: Unis

Vampires (Netflix)

Soyons francs : les séries françaises produites par Netflix ne nous ont pas encore éblouis.Marseille était un fiasco, Plan coeur, correcte mais sans plus, Marianne, une incursion dans l’horreur, déjà un peu mieux… Cette nouvelle production fantastique et d’horreur produite dans l’Hexagone, qui revisite les codes classiques de l’épouvante vampiresque à la sauce adolescente, ne s’annonce pas particulièrement réussie, si on se fie aux échos critiques. Créée par Benjamin Dupas (scénariste de plusieurs épisodes d’Appelez mon agent) et tirée d’un roman inachevé, Vampires suit le destin d’une famille de suceurs de sang parisienne,

Amélie Gaudreau

Photo: Netflix


 

The English Game (Netflix)

Les fans de Downton Abbey trouveront probablement leur compte dans cette nouvelle minisérie de son créateur, Julian Fellowes. Ce dernier continue d’explorer un thème qui semble lui être cher, à savoir les rapports sociaux entre privilégiés et moins fortunés, en s’intéressant cette fois à l’histoire du sport le plus populaire au monde. The English Game raconte les balbutiements de la professionnalisation du football britannique à la fin du XIXe siècle, à travers les destins croisés de deux joueurs étoiles qui ont bel et bien existé, un tailleur de pierre et un lord écossais, adversaires sur le terrain de jeu et dans l’échiquier social.

Amélie Gaudreau

Photo: Netflix