«Satisfactory», un jeu qui porte bien son nom

«Satisfactory» offre des paysages sublimes et colorés, que le joueur pourra s’empresser de défigurer avec ses machines et ses kilomètres de convoyeurs.
Photo: Coffee Stain studios «Satisfactory» offre des paysages sublimes et colorés, que le joueur pourra s’empresser de défigurer avec ses machines et ses kilomètres de convoyeurs.

Vous rêvez d’être ingénieur ? Vous avez une passion pour les problèmes logistiques complexes ? Ravager tout sur votre passage pour accroître sans fin la productivité de votre entreprise vous enthousiasme ? Satisfactory est un jeu sur mesure pour vous.

Produit par les studios suédois Coffee Stain et disponible en accès anticipé sur l’Epic Games Store (bientôt aussi sur Steam), Satisfactory est un jeu d’aventure, d’exploration et de stratégie en vue subjective. Seul ou avec des amis, vous serez appelé à explorer des mondes ouverts et à y bâtir des usines pour en exploiter les ressources de manière optimale.

C’est dans sa boucle de rétroaction, simple mais addictive, que le jeu affirme son potentiel. On exploite des ressources afin de construire des machines qui raffinent ces ressources pour en produire d’autres qui, à leur tour, vont permettre de construire d’autres machines et ainsi de suite. Plus on progresse, plus les opérations de production sont automatisées. Pourquoi addictive ? Parce qu’elle sait bien récompenser le joueur. L’atteinte des différents jalons et le développement de nouvelles technologies ouvrent des occasions au joueur d’optimiser toujours davantage la production de son usine. On parle ici d’une jouabilité quasi infinie.

L’esthétique des décors

Pour un jeu axé sur la construction d’usines, Satisfactory ne lésine pas sur l’esthétique de ses décors. Ceux-ci se déclinent en différents biomes offrant des paysages sublimes et colorés qui donnent une réelle envie de les explorer. Désert rocheux, forêt nordique, vallée luxuriante, chaque environnement, unique en son genre, offre ses avantages et ses défis. On se sent presque mal de couvrir de machines toute cette beauté « naturelle », alors que c’est pourtant l’objectif du jeu !

Le joueur n’est pas seul au milieu de ces paysages. Ceux-ci abritent plusieurs créatures, certaines passives, d’autres beaucoup moins. Si les plus agressives peuvent mettre la vie de notre avatar en péril, elles n’attaqueront cependant jamais ses constructions. Une occasion ratée, peut-être ? Il aurait été intéressant de voir la faune locale résister à la destruction de son habitat, ne serait-ce que pour ajouter une couche de difficulté.

Pour que son assemblage de machines reliées entre elles par des kilomètres de convoyeurs fonctionne, le joueur doit bien sûr les alimenter en énergie. Pour ce faire, il passera par toute une gamme de « carburants ». D’abord le brûleur de biomasse, qui exige qu’on abatte la faune et la flore autour de nous. Ensuite les générateurs de charbon, d’essence et d’énergie géothermique. Puis le réacteur nucléaire, la seule source d’énergie qui laisse derrière elle un résidu dangereux — des déchets nucléaires qui émettent des radiations.

De la fumée et du smog s’échappent bel et bien des cheminées de ces générateurs, mais sont sans conséquence. Le concept de pollution brille par son absence, tout comme celui d’épuisement des ressources.

Une fois installé sur la source, votre extracteur en siphonnera le précieux contenu tant et aussi longtemps qu’il sera alimenté en énergie. Bref, d’autres aspects qui auraient pu contribuer au volet stratégique du jeu, mais qui ne viendront pas inquiéter le joueur.

Une structure narrative à revoir

En matière de structure narrative, celle de Satisfactory, bien qu’intéressante, est pour le moment plutôt mince et mériterait d’être revue.

En gros, vous enfilez l’uniforme d’un ingénieur-explorateur de FICSIT inc., une entreprise d’envergure galactique qui vous fait vite comprendre que vous n’êtes qu’un pion parmi tant d’autres dans son ambitieux « Project Assembly ». Une voix robotique vous rappelle de temps à autre que vos efforts sont au service de vos suzerains industriels et qu’il vous faut respecter d’énigmatiques « protocoles ». Mais une fois ces messages terminés, le joueur reprend tout bonnement son travail en toute liberté, sans que ses choix aient de réelles conséquences.

Ainsi, le sentiment de liberté que procure Satisfactory, autant dans l’exploration que dans la construction, couplé à son ton général très serein rend ce récit entrepreneurial sous-jacent déphasé. L’idée d’une mégaentreprise froide qui vous déprécie malgré votre travail essentiel n’est pas mauvaise en soi, mais sans réelle présence dans la mécanique du jeu, son arrimage est raté.

Pour un jeu en accès anticipé, Satisfactory offre une expérience fluide et très bien optimisée. Bien sûr, on doit s’attendre à quelques bogues ici et là. On a observé, par exemple, quelques bogues graphiques, notamment des éléments du décor qui apparaissent et disparaissent momentanément, ou encore quelques chutes dans la cadence d’images par seconde. Rien qui rende le jeu injouable, cependant.

Pour ce qui est des contrôles, la courbe d’apprentissage est on ne peut plus intuitive. L’interface est claire et ne nous bombarde pas d’informations superflues. Heureusement, le coefficient de difficulté se trouve ailleurs, là où il doit être, c’est-à-dire dans la manière d’aborder les objectifs et de résoudre les problèmes logistiques que l’environnement — et le joueur lui-même — génère.

Le point de vue subjectif en 3D a l’avantage d’être immersif et, en l’occurrence, de permettre la construction à la verticale, ce qui est bien utile pour brider l’expansion de son œuvre. Pour une vue d’ensemble de son usine, le joueur peut ériger des tours qui lui donneront une perspective presque à vol d’oiseau.

Satisfactory

Développé et publié par Coffee Stain Studios. Disponible en accès anticipé sur PC via Epic Game Store et bientôt sur Steam.