Ludwig van Beethoven, Lorenzo Gatto (violon) et Julien Libeer (piano)

Ces deux disques mettent un point final à une intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven, lancée par un CD regroupant les Sonates nos 2, 4 et 9 (Alpha 240). Il est évident que le terrain a été abondamment labouré avec bonheur (Ferras-Barbizet, Kremer-Argerich, Oistrakh-Oborine). En plus, deux intégrales canadiennes de haute tenue sont en cours avec Ehnes-Armstrong et Wan-Richard-Hamelin. Mais à chaque disque, en commençant par la sonate « Kreutzer » (no 9) en 2016, Lorenzo Gatto, 2e prix du Concours Reine-Élisabeth 2009, et Julien Libeer, pianiste belge de 33 ans, surprennent non seulement par la beauté instrumentale, mais surtout par la dimension très féline de leur approche. Il est très symbolique que le cycle des 10 sonates s’achève (allegretto de la 10e Sonate) dans l’exultation. Contrairement à Ehnes et Armstrong, archétypiques d’une sorte de beauté marmoréenne, Gatto et Libeer incarnent un Beethoven d’une grande finesse, plus imprévisible et frémissant (début de la sonate « Le printemps »). Cette intégrale est majeure.

Écoutez un mouvement du Printemps 

Ludwig van Beethoven

★★★★ 1/2
​Classique

Lorenzo Gatto (violon) et Julien Libeer (piano), Alpha 407 et 565