​Sur vos écrans: péril en la demeure

Une scène tirée du documentaire «La détresse au bout du rang»
Photo: Crave Une scène tirée du documentaire «La détresse au bout du rang»

Le bonheur n’est pas dans le pré

 

Les agriculteurs de partout dans le monde ne l’ont pas facile par les temps qui courent. Les sautes d’humeur de mère Nature, l’endettement chronique nécessaire pour maintenir en vie des fermes familiales qui peinent à arriver dans le contexte économique actuel, la pénurie de main-d’œuvre et le manque de relève rendent infernale l’existence de bien des producteurs agricoles d’ici et d’ailleurs. Au Québec, ils sont de plus en plus nombreux à atteindre le fond du baril et à commettre l’irréparable, faute d’avoir demandé de l’aide ou d’en avoir obtenu… Dans La détresse au bout du rang, Stéphane Gendron, et le réalisateur Eric Blouin, qui ont déjà fait équipe pour le documentaireMourir, se penchent sur la santé mentale chancelante de ceux qui nous nourrissent, évoquent les raisons de cette détresse, mais s’intéressent surtout aux (maigres) moyens dont ils disposent pour éviter de sombrer au point de s’enlever la vie.

L’ex-politicien et animateur, devenu lui-même cultivateur, qui a eu du mal à trouver des producteurs agricoles prêts à parler de leur situation psychologique précaire, recueille les témoignages courageux et parfois déchirants de quelques agriculteurs, dont une mère célibataire de six enfants au bout du rouleau, une fromagère dont le mari s’est suicidé et un producteur laitier qui liquide son exploitation pour éviter de sombrer. Il se dégage de ce documentaire un peu éparpillé, mais tout de même fort intéressant et utile, que le premier obstacle pour venir en aide aux agriculteurs en détresse, c’est le silence de ces derniers sur leur situation, qu’ils n’arrivent pas à dévoiler à leurs proches. Et c’est déjà un bon début.

 
La détresse au bout du rang, Crave, dès vendredi

 

Élections américaines en danger

 

Les documentaristes derrière le film Hacking Democracy (2006), qui mettait en lumière les failles importantes des machines de vote électroniques aux États-Unis, poursuivent dans la même veine avec cette nouvelle enquête, qui montre comment l’intrusion étrangère dans l’élection présidentielle de 2016 a été possible à travers ces mêmes machines, réputées impossibles à connecter à Internet… Les cinéastes Simon Ardizzone et Russell Michaels ont de nouveau fait appel à l’informaticien finlandais Harri Hursti pour démontrer à travers des tests de piratage et des témoignages de pirates informatiques comment il est possible d’avoir non seulement accès aux données que contiennent ces machines à voter contestées, mais aussi de les modifier. Rien de rassurant pour nos voisins du sud, qui, dans bien des cas, utiliseront ces mêmes appareils pour voter en novembre prochain…


Kill Chain : The Cyber War on America’s Elections, HBO et Crave, mardi, 21 h

 

C’est pas parce qu’on est petit…

 

Sur une note beaucoup plus légère, cette série documentaire s’intéresse aux particularités de la vie des personnes de petite taille, qui doivent se débrouiller dans un monde conçu pour des gens passablement plus grands. On suit ainsi le quotidien de Québécois atteints de nanisme, dont un couple et une paire de jumeaux adolescents, qui partagent avec beaucoup d’humour et de franchise leurs impressions sur les défis (parfois de taille…) qu’ils doivent relever dans ce monde trop grand pour eux, sur les réactions qu’ils suscitent et les préjugés dont ils sont victimes.


Ma petite vie, Crave, dès vendredi

Sigmund enquête

Le fondateur de la psychanalyse a souvent été une source d’inspiration d’oeuvres littéraires, cinématographiques et télévisuelles, qui romancent à divers degrés la réalité. On a même vu cette figure emblématique du début du XXe siècle dans un film mettant en vedette le plus célèbre des détectives privés (Sherlock Holmes attaque l’Orient- Express, 1976). Cette minisérie austro-allemande en huit épisodes produite par Netflix le présente au début de sa carrière (sous les traits flatteurs de Robert Finster), en 1886, alors que ses théories sur l’hystérie font des vagues. Il fait alors équipe avec une voyante et un ancien militaire devenu policier pour élucider un meurtre mystérieux.
 

Freud, Netflix, dès lundi


Le visionnement de la semaine

Près de deux ans après la mise en ligne de la deuxième saison des aventures criminelles inquiétantes de la famille Byrde, on la retrouve, toujours « réfugiée » dans les monts Ozark, au Missouri, une région de villégiature où les bandits sont légion… Ce thriller criminel à l’esthétique sombre rappelant à plusieurs égards le « nordic noir » mais en plus poisseux, rondement mené et doté d’une distribution de haute voltige (Laura Linney, Jason Bateman, l’impressionnante Julia Garner), flirte du côté des jeux de hasard puisque le couple d’ex-banlieusards qui a dû conjuguer avec la pègre du coin réussit à ouvrir son propre casino flottant… Arrivera-t-il à le maintenir à flot ?
 

Ozark, saison 3, Netflix, dès vendredi