Le courage de s’en aller

La minisérie «Unorthodox» est la<i> </i>première production de Netflix tournée en grande partie en yiddish (et en anglais).
Photo: Netflix La minisérie «Unorthodox» est la première production de Netflix tournée en grande partie en yiddish (et en anglais).

La prémisse peut vaguement, très vaguement, faire penser au film québécois Félix et Meira, qui racontait la séparation d’une jeune femme de son mari et de sa communauté hassidique à Montréal. La minisérie Unorthodox, première production de Netflix tournée en grande partie en yiddish (et en anglais), s’inspire très librement des mémoires de Deborah Feldman, une autrice américaine qui, à 19 ans, a fui son époux et sa famille de confession juive ultraorthodoxe de Brooklyn avec son jeune fils. Elle a d’ailleurs rédigé de grands pans de son histoire de façon clandestine, pendant qu’elle vivait toujours au sein de la communauté Satmar de Williamsburg.

Dans ce thriller psychologique en quatre épisodes réalisé par l’actrice Maria Schrader (Aimée et Jaguar), on suit le destin bouleversé d’Esther Shapiro, qui vient de tout quitter et qui fuit à Berlin, où elle espère retrouver sa mère, qui s’est détournée depuis longtemps de la communauté, et vivre pleinement sa vie. L’intrigue, centrée sur l’émancipation soudaine de la jeune femme et sur la traque plutôt agressive que mènent son époux et un cousin « engagé » par la communauté pour la ramener au bercail, souffre de trop heureux hasards et d’invraisemblances qui minent la crédibilité de l’ensemble, pourtant plutôt bien fait.

Les nombreux retours dans le passé étouffant de l’héroïne, qui offre une incursion quasi documentaire sur l’existence des femmes dans cette communauté religieuse en vase clos, s’avèrent les passages plus inspirés de la minisérie et les plus révélateurs du courage nécessaire pour fuir un tel monde.

Unorthodox

Netflix, dès jeudi