«Dominos 2»: le ying et le yang de Montréal

La distribution, qui compte Émile Schneider, Gregory Beaudin, Charlotte Aubin, Mounia Zahzam, Paul Ahmarani et Pascale Drevillon, est proprement impeccable.
Photo: UNIS La distribution, qui compte Émile Schneider, Gregory Beaudin, Charlotte Aubin, Mounia Zahzam, Paul Ahmarani et Pascale Drevillon, est proprement impeccable.

Le Montréal de Dominos peut être impitoyable, paupérisant, confrontant. À la loterie de la vie, ses protagonistes à la dérive ont manifestement pigé le mauvais numéro. Et pourtant, sur cette planète où ils s’entrechoquent comme des électrons libres, ils aiment, exultent et pleurent avec une touchante authenticité. D’où notre vif plaisir à renouer avec ces derniers pour une deuxième saison de la websérie chorale imaginée par Zoé Pelchat.

Sacrée meilleure série numérique à la première édition de Canneseries, en 2018, cette courte fiction écrite et réalisée par la Montréalaise d’adoption affichait déjà une caméra agile et une image soignée, aux couleurs chaudes et denses. On sent la créatrice encore plus en maîtrise de son univers aux horizons bouchés. Cette aisance formelle, qui s’entend aussi dans les textes crus, mais sobres, lui permet d’ajouter un supplément de tendresse à ces six nouveaux épisodes intenses. Sans être rédemptrice, cette nouvelle saison apporte surtout une part de lumière et d’ouverture absente jusqu’ici dans la websérie, qui aime flirter avec la noirceur du monde.

La distribution, qui compte Émile Schneider, Gregory Beaudin, Charlotte Aubin, Mounia Zahzam, Paul Ahmarani et Pascale Drevillon, est proprement impeccable. L’habillage musical est d’une grande sensibilité, dessinant un personnage en soi. Des Louanges à Philémon Cimon en passant par Alexandra, King Melrose, Helena Deland ou Marie Davidson, ce bijou de bande sonore complètement montréalaise s’écoute aussi sur Spotify. Un combo écrans et musique parfait pour ces jours d’isolement prolongé.

Dominos 2

Unis TV, dès le 24 mars