«Femmes des casernes»: portraits de pompières en feu

Formée auprès des Brault, Godbout et Barbeau, Louise Leroux a elle-même revêtu l’habit pour mieux se mêler aux équipes qui lui ont généreusement ouvert leurs portes.
Photo: Shootfilms Formée auprès des Brault, Godbout et Barbeau, Louise Leroux a elle-même revêtu l’habit pour mieux se mêler aux équipes qui lui ont généreusement ouvert leurs portes.

Elles dévalent des étages, déroulent des boyaux d’incendie, soulèvent des collègues, réaniment des personnes en détresse, accouchent des femmes et défoncent (littéralement) des portes sous nos yeux. De son incursion dans le monde très masculin de la lutte contre les incendies auquel s’est plus récemment greffé l’univers des premiers répondants, la cinéaste Louise Leroux a voulu faire un film d’action féminin. Un pari réussi. Non content de rouler des mécaniques, son Femmes des casernes convoque aussi bien le corps que le cœur et la tête.

Formée auprès des Brault, Godbout et Barbeau, Louise Leroux a elle-même revêtu l’habit pour mieux se mêler aux équipes qui lui ont généreusement ouvert leurs portes. Pendant trois ans, elle a attaché sa caméra à ce qui deviendra un inspirant carré d’as formé de deux pompières montréalaises et de deux recrues ambitieuses. Son cinéma-vérité est à l’image de ce quatuor, ardent et fonceur. Paradoxalement, ce n’est pas l’urgence caractéristique de ce milieu qui le porte au premier chef, mais la volonté de minutieusement cartographier un territoire méconnu.

Elle le fait méthodiquement, avec beaucoup d’écoute et un investissement qui se sent à chaque plan. Car Louise Leroux (Salt, Maîtres chez eux, Planète prise 2) signe non seulement la réalisation de ce long film soigné, mais sa direction photo, sa prise de son et son montage, lui donnant un ton très personnel. Faisant flèche de tout bois, son Femmes des casernes n’est étonnamment jamais bêtement revendicateur, se révélant plutôt galvanisant et mobilisateur. Un bel objet tout en nuances à attraper cette semaine aussi bien au petit écran qu’au grand.

 

Femmes des casernes

Au Cinéma du Musée ; aussi à RDI en version resserrée, mercredi, 20 h