Sur vos écrans: après l’accueil

Scène de Classe à part
Photo: UNIS Scène de Classe à part

Retrouvailles

 

La très belle série documentaire Classe à part, diffusée à l’automne 2018 sur TV5, a permis de comprendre comment les jeunes nouveaux arrivants découvrent le Québec et apprennent le français dans les classes d’accueil d’une école primaire et d’une école secondaire à travers leur parcours sur toute une année scolaire. L’équipe de ce projet télé, qui alliait utilité publique et récit documentaire patient et émouvant, remet ça avec une deuxième saison qui s’annonce tout aussi réussie et probablement encore plus attachante. C’est qu’on y retrouve quelques-uns des élèves dont on avait suivi les progrès dans le premier opus, un an après les avoir laissés. Outre les jumeaux d’origine sri lankaise Paramee et Poojanee, qui avaient déjà quitté la métropole pour aller vivre à Toronto et que l’on revoit d’ailleurs dans la Ville Reine, on suit quelques ex-élèves de « madame Maryline » et « madame Chantal » dans leur quotidien d’enfants et d’adolescents « ordinaires ». Ceux-ci cherchent encore leurs repères dans leur société d’accueil, qu’ils essaient tant bien que mal de faire leur.

Cette suite pertinente, toujours réalisée par François Péloquin (Le bruit des arbres), est probablement plus intéressante parce qu’elle laisse plus de place aux réflexions des jeunes. Ces derniers sont désormais plus à l’aise de se confier à la caméra sur leur intégration, pas toujours facile dans ce Québec qu’ils apprennent toujours à connaître, mais aussi sur des sujets qui concernent tous les enfants : les relations avec les parents, la famille élargie et les amis, la vie scolaire, les loisirs… Leurs confidences et idées donnent à réfléchir sur la façon dont on devient « d’ici » quand on est déraciné et jettent un éclairage fort intéressant sur notre société et ses contradictions.


Classe à part, saison 2 TV5, mardi, 21 h

 

Recherches d’emploi particulières

 

En cette période de pénurie de main-d’œuvre dans de nombreux secteurs d’activité, il reste encore bien des gens qui ont du mal à se trouver un emploi. Les personnes ayant un handicap physique font souvent partie de ce lot. Chacun des épisodes de cette série documentaire suit deux de ces chercheurs actifs d’emploi dans leurs démarches pleines d’obstacles pour trouver un travail à la mesure de leurs compétences et de leurs limites. On constate que ces gens qui ne demandent qu’à « travailler comme tout le monde » et à ne plus être vus comme des « fardeaux » de la société doivent compter sur des réserves infinies de patience, de débrouillardise et de créativité pour persévérer dans de telles démarches, souvent infructueuses… mais parfois productives.


Engagez-moi AMI Télé, lundi, 20 h

 

Après la fiction, la réalité

 

C’est devenu pratiquement incontournable après une série de fiction diffusée à Radio-Canada : un documentaire qui se penche sur la réalité de personnes qui ont un parcours semblable à celui de personnages fictifs dépeints dans une production « phare ». On a eu droit à de telles productions sur des thèmes abordés dans Unité 9, dans District 31 et dans Le monstre. Cette fois, c’est au tour du thriller psychologique Cerebrum, de Richard Blaimert, dont la diffusion se terminait mercredi dernier, d’avoir droit à sa déclinaison documentaire. Cette émission spéciale « terrain » (que nous n’avons malheureusement pas pu voir au moment d’écrire ces lignes) suit cette fois le quotidien de professionnels de quatre régions de la province qui viennent en aide aux personnes souffrant de maladie mentale. Un vaste sujet, qui pourrait faire l’objet de toute une série…


Cerebrum, 24 heures au coeur de la réalité Radio-Canada, mercredi, 21 h

Le visionnement de la semaine

Vous ne connaissez probablement pas l’humoriste canadienne-anglaise Mae Martin. Après avoir jeté un oeil à cette comédie dramatique douce-amère largement inspirée de sa propre vie, vous serez sans doute curieux de mieux la connaître. Cette comique établie depuis quelques années à Londres joue son propre rôle, celui d’une artiste émergente, ex-toxicomane à l’équilibre fragile, qui développe une relation amoureuse avec une jeune femme (Charlotte Ritchie) dont c’est la première liaison homosexuelle et qui n’assume pas encore auprès de ses proches cette nouvelle situation. La série détaille le jeu des apparences auquel se livrent ces tourterelles, qui ont du mal à dévoiler à l’autre leurs « démons ». La galerie de personnages secondaires, plus caricaturaux mais tout de même attachants, dont celui de la mère de l’héroïne incarnée par Lisa Kudrow, ajoute une touche de légèreté à cette minisérie qui s’engouffre facilement tout d’un coup.
 

Feel Good (Épicurienne en V.F.), Netflix, dès jeudi


Destin capillaire

Les productions biographiques qui racontent la vie d’entrepreneurs visionnaires qui ont réussi dans l’adversité ne sont pas nécessairement les oeuvres les plus originales. Cette minisérie consacrée à la vie mouvementée (mais ici très romancée) de la première femme d’affaires afro-américaine à devenir millionnaire au début du siècle dernier grâce aux produits capillaires conçus pour les cheveux crépus ne fait pas exception en cette matière… Elle mérite toutefois le détour pour la qualité du jeu de ses interprètes principaux, au premier chef la fabuleuse Octavia Spencer, parfaite dans le rôle de cette entrepreneuse décidée et combative dans un monde dominé par les hommes blancs.

Fille de ses oeuvres : d’après la vie de Madam C.J. Walker (V.F. de Self Made : Inspired by the Life of Madam C.J. Walker) Netflix, dès vendredi