Sur vos écrans: inspirations littéraires, les suites

«Fourchette»
Photo: tou.tv «Fourchette»

Deux webséries québécoises qui ont pris racine dans des récits plus ou moins autobiographiques sont de retour cette semaine avec de nouveaux épisodes. La première, Écrivain public, a d’abord été inspirée par l’expérience unique de l’auteur, dramaturge et acteur Michel Duchesne, qui pendant deux ans a aidé des habitants d’Hochelaga-Maisonneuve à trouver les mots qui leur manquaient, pour régler les petits et grands tracas de leur vie. Cette expérience, il l’a ensuite racontée en mode fictionnel dans le roman du même titre, publié chez Leméac en 2016, après la production de la première saison de la websérie. La seconde, Fourchette, est une adaptation du blogue littéraire Les fourchettes, de l’autrice et scénariste Sarah-Maude Beauchesne (Cœur de slush, L’Académie), qui poussait l’audace jusqu’à interpréter son alter ego fictionnel, un premier rôle à vie qu’elle jouait avec une aisance agréablement surprenante.

On retrouve donc les galeries de personnages de ces deux univers en partie inspirés de la réalité et surtout leurs héros respectifs, alors qu’ils viennent chacun de faire paraître un roman.

Le héros de Duchesne, Mathieu, toujours très justement incarné par Emmanuel Schwartz, est en tournée de promotion pour sa fiction basée sur son expérience d’écrivain public au centre communautaire et dont les personnages sont inspirés des gens qu’il a aidés ou croisés. Le résultat plaît à plusieurs, mais mécontente certains, au point où leur hargne risque de mettre en péril l’emploi de Mathieu… Entre ses tracas amoureux, familiaux et professionnels, ce dernier continue tant bien que mal de venir en aide aux habitués, dont l’émouvante Jojo, un rôle en or pour Sandrine Bisson, et à de nouveaux clients. Cette troisième et ultime saison d’Écrivain public boucle les boucles avec finesse et humanité, en abordant toujours des enjeux sociaux complexes sans les confiner dans des petites cases bien définies. Une magnifique série, qui fait œuvre utile.

L’héroïne de Beauchesne, Sarah, qui avait lancé à la fin de la première saison un roman racontant sa rupture mouvementée avec son amoureux de longue date, fait elle aussi la promotion de sa publication et prépare également un essai sur les hommes de son entourage, dont son ex, Sam (Guillaume Laurin), à nouveau en peine d’amour… Elle tente tant bien que mal de vivre pleinement sa liberté retrouvée, mais c’est sans compter une rencontre qui viendra bouleverser cet équilibre fragile, et sans doute quelques amitiés… Les premiers épisodes que nous avons pu voir de cette deuxième saison laissent espérer que l’ensemble sera aussi réussi que la première, tout en nuances, malgré l’intensité et l’impulsivité de sa protagoniste, qui se permet parfois de traverser le quatrième mur, un peu à la façon de sa lointaine cousine britannique, Fleabag…


Écrivain public, saison 3
unis.ca, dès lundi

Fourchette, saison 2
tou.tv, dès mercredi

Le visionnement en continu

Un bus fantôme, six histoires d’horreur. C’est la proposition de cette nouvelle série anthologique norvégienne, une production originale du géant en rouge signée par le réalisateur de la version originale de la série Maniac et dévoilée en ce premier vendredi 13 de l’année. Les courts extraits glanés sur la Toile et les communiqués annoncent une minisérie à l’esthétique nordic noir et à l’humour grinçant.

Blodtur (V.F. : Folies passagères)
Netflix, dès vendredi


Parcours d’une écrivaine populaire

L’écrivaine canadienne Margaret Atwood a acquis le statut de vedette mondiale de la littérature, entre autres grâce à l’adaptation télévisée de son roman dystopique, La servante écarlate. Et pourtant, on apprend dans une entrevue accordée dans les années 1980, reprise dans ce documentaire, qu’elle était la première surprise d’être devenue une autrice « populaire », alors qu’elle n’aspirait qu’à être une « bonne écrivaine ». C’est là l’une des nombreuses confidences d’hier et d’aujourd’hui qui essaiment ce film biographique, assez conventionnel, qui offre toutefois une introduction parfaite à l’oeuvre d’Atwood, qu’on entend à différents moments de sa vie.

Margaret Atwood écrivaine
Artv, lundi, 21 h 30 et en version originale anglaise sur CBC Gem