«Madame revient de loin»: souriez, Madame a fait du chemin

Jouant à fond la carte nostalgique au moyen de saynètes hilarantes, le duo mise sur une approche tout en légèreté qui donne du poids à leur panorama.
Photo: Artv Jouant à fond la carte nostalgique au moyen de saynètes hilarantes, le duo mise sur une approche tout en légèreté qui donne du poids à leur panorama.

« Souriez, c’est une habitude charmante à cultiver. » Le conseil est tiré de Charme, un guide énumérant les diktats qu’une jeune fille devait observer pour réussir dans les années 1960. Chantal Lamarre et Sylvie Dumontier y plongent avec humour pour mieux mesurer le chemin parcouru par les femmes depuis dans Madame revient de loin, un documentaire rempli d’esprit, persifleur quand il le faut, factuellement irréprochable et bourré de salutaires mises en perspective.

Jouant à fond la carte nostalgique au moyen de saynètes hilarantes, le duo mise sur une approche tout en légèreté qui donne du poids à leur panorama. Lamarre et Dumontier convoquent aussi à la barre des chiffres et des faits, que des spécialistes comme la sociologue Francine Descarries et l’autrice Martine Delvaux éclairent. Travail, vie familiale, rapport au corps, à la beauté et au sexisme ordinaire passent sous leur radar critique tandis que des femmes, des hommes et des enfants témoignent en toute transparence de leur quotidien plus ou moins asymétrique.

À la réalisation, Mélanie Dion a su trouver un fil solide pour relier ces segments au premier abord disparates. Le tout est porté par une parole réfléchie, mû par une même volonté, celle de prendre la pleine mesure de cette émancipation formidable, mais inachevée. Car oui, Madame, en 2020, est forte, libre et indépendante. Elle a le choix, des choix. Mais le monde autour d’elle a conservé des réflexes et des contraintes qui, quotidiennement, insidieusement, lui rappellent que Madame attend encore son heure.

 

Madame revient de loin

Artv, lundi, 20 h 30