«Que reste-t-il de nos vacances?»: c’est l’heure de la pause

Prend-on nos vacances avec assez de sérieux? Sans doute pas.
Photo: Télé-Québec Prend-on nos vacances avec assez de sérieux? Sans doute pas.

Derrière chaque vacancier, il y a un travailleur. Et ce travailleur désormais connecté a beaucoup évolué en un siècle, entraînant l’estivant dans sa folle course à la productivité. Est-ce grave, docteur ? Le documentaire Que reste-t-il de nos vacances ? convoque quidams, spécialistes, penseurs et philosophes au chevet de nos jours chômés qui, sans afficher un électrocardiogramme à plat, montrent des signes d’essoufflement dont il faudrait peut-être s’inquiéter.

Prend-on nos vacances avec assez de sérieux ? Sans doute pas, avancent Jérémie Battaglia (à la caméra) et Hugues Bélanger (au scénario) en rappelant que les pays les plus productifs sont aussi là où les vacances sont les plus généreuses. Un palmarès dont se détache résolument le Québec, reconnu pour être le plus chiche en la matière dans un Canada qui est lui-même loin de la tête du peloton. « Je ne sais pas quand je vais vivre », titrait la journaliste Aurélie Lanctôt, en juillet 2017, dans une chronique qui a servi d’aiguillon à cette réflexion posée et détaillée, entrecoupée de témoignages généreux aussi variés que charmants.

À raison, croit l’autrice et travailleuse autonome Sarah Berthiaume, qui observe un effacement de la frontière séparant travail et vie quotidienne, jusqu’à leur fusion forcée. Un contresens quand on sait qu’après 12 semaines, la productivité se met à chuter, note Nicolas Chevrier. Le psychologue du travail est formel : le modèle idéal prévoit des vacances tous les trois mois à raison de courtes périodes d’une ou deux semaines pour recharger les batteries. À bon entendeur, salut !

 

Que reste-t-il de nos vacances ?

Télé-Québec, mercredi, 20 h ; en reprise jeudi, 14 h