«Le prince et le pédophile»: les amitiés dangereuses

Épluchant les moindres gestes et documents de l’un et l’autre, Cathy Newman trace un portrait incomplet, mais perturbant d’une amitié pour le moins particulière.
Photo: RDI Épluchant les moindres gestes et documents de l’un et l’autre, Cathy Newman trace un portrait incomplet, mais perturbant d’une amitié pour le moins particulière.

Le financier américain Jeffrey Epstein est mort, mais l’enquête sur le trafic de filles et de jeunes femmes que le milliardaire pédophile aurait orchestré est pendante. Emporté dans son sillage, lui-même accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec des mineures, son ami le prince Andrew se faisait publiquement rappeler sa promesse de coopérer avec le FBI il y a tout juste deux semaines. Dans Le prince et le pédophile, Cathy Newman retrace les points de convergence liant ces deux hommes influents.

Dans un style tranchant et direct, la journaliste et animatrice britannique, qui a essuyé son lot d’attaques misogynes par le passé, ne ménage ni ses mots ni ses effets. Étayé, son reportage, diffusé d’abord à Channel 4, essaie de comprendre quel rôle le duc de York a joué dans cette sombre affaire. À la barre, elle convoque autant des victimes présumées, au premier chef Virginia Roberts qui, la première, a dénoncé le système mis en place par Epstein, mais aussi des amis des deux hommes, des collègues, des employés et le détective privé Mike Fisten, qui enquêtera pendant dix ans sur cette affaire.

Épluchant les moindres gestes et documents de l’un et l’autre, Cathy Newman trace un portrait incomplet, mais perturbant d’une amitié pour le moins particulière. Le carnet d’Epstein recensait pas moins de 13 numéros de téléphone pour joindre Andrew, attestant une proximité que le duc de York tardera à nier, puis à renier, même après la condamnation d’Epstein pour pédophilie. Ce n’est qu’en novembre dernier qu’il finira par « regretter sans équivoque [son] association malavisée avec Jeffrey Epstein ». On comprend mieux pourquoi à la lumière de ce documentaire.

 

Le prince et le pédophile

RDI, lundi, 20 h