La femme comme champ de bataille

Cette chronologie macabre offre un aperçu des exactions commises en Allemagne et en Italie en 1945, par l’armée impériale japonaise dans les années 1930 et 1940 avec ses «femmes de réconfort».
Photo: TV5 Cette chronologie macabre offre un aperçu des exactions commises en Allemagne et en Italie en 1945, par l’armée impériale japonaise dans les années 1930 et 1940 avec ses «femmes de réconfort».

En avril 2019, l’ONU a adopté une résolution pour combattre le viol comme arme de guerre, dont la portée en matière de justice et de protection des victimes a été amoindrie par les pressions des États-Unis, de la Russie et de la Chine. Il s’agissait tout de même d’une étape importante dans la reconnaissance des violences sexuelles en tant que crimes de guerre. Ce documentaire fouillé et dérangeant de la Française Danièle Alet, achevé avant l’adoption de cette résolution, se penche sur des exemples d’utilisation de cette terrible arme de destruction sociale, de façon systématique ou non, dans certains conflits armés depuis la Seconde Guerre mondiale.

Cette chronologie macabre offre un aperçu des exactions commises en Allemagne et en Italie en 1945, par l’armée impériale japonaise dans les années 1930 et 1940 avec ses « femmes de réconfort », en ex-Yougoslavie et au Rwanda dans les années 1990, et au Congo encore de nos jours. Elle est nourrie par les interventions éclairantes d’historiennes dont les travaux de recherche ont mis en lumière de telles exactions, et les témoignages tout aussi pertinents d’une juriste internationale et d’un photojournaliste qui ont suivi de près la guerre des Balkans, et du médecin congolais Denis Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix 2018, qui « répare » les victimes de viol dans son pays.

La charge émotionnelle des témoignages de victimes, de rares images d’archives d’une violence intolérable et des explications sur la puissance de cette arme, encore très peu reconnue comme telle, qui détruit le tissu social et le moral des peuples qui en sont victimes encore bien après la fin des hostilités, compensent largement les maladresses techniques de ce film qui hante longtemps après son écoute.

Viols de guerre: 70 ans d’une arme taboue

TV5, lundi, 20 h