«Hey Lady!»: quand mémé mène

Une septuagénaire, vulgaire et désagréable avec ses proches et les inconnus, fait les 400 coups pour montrer qu’elle refuse de vieillir.
Photo: CBC Une septuagénaire, vulgaire et désagréable avec ses proches et les inconnus, fait les 400 coups pour montrer qu’elle refuse de vieillir.

Les premières minutes de cette websérie canadienne, dévoilée durant le dernier festival de Sundance, peuvent laisser croire qu’on est devant une comédie « de vieille chipie » classique. Une septuagénaire, vulgaire et désagréable avec ses proches et les inconnus, y fait les 400 coups pour montrer qu’elle refuse de vieillir. Mais on est agréablement surpris à la conclusion du premier épisode : la lady en question sait qu’elle fait partie d’une série de fiction (disposant d’un très petit budget, comme elle se plaît à l’indiquer).

Mieux, ladite lady prend même le temps d’expliquer à sa copine de mauvais coups qu’elle est aussi un personnage de fiction. Le quatrième mur est abattu, et le personnage central (interprété avec une délectation évidente par Jayne Eastwood) ne se gênera pas pour le piétiner allègrement, se permettant par exemple de mettre fin à des scènes qui ne lui plaisent pas.

Les huit courts épisodes de cette première série créée par l’acteur et scénariste canadien Morris Panych, réalisés avec beaucoup d’inventivité par Sarah Polley (Stories We Tell), Adriana Maggs et Will Bowes, relatent les mésaventures, souvent illégales, de cette vieille dame pas très digne qui fait enrager des quidams, de son psy ennuyeux, mais surtout de ses grands enfants qu’elle n’aime visiblement pas beaucoup, mais dont elle dépend tout de même. Malgré les pouvoirs scénaristiques dont elle dispose, cette lady « attachiante » n’aura pas le dernier mot sur son destin. Cette petite heure en sa compagnie permet d’apprécier pleinement le sort à la fois triste et comique que la fiction lui réserve…

Hey Lady !

CBC Gem, dès vendredi