Sur vos écrans: en quête et enquêtes

Scène de «Ma baleine à bosse»
Photo: Canal D Scène de «Ma baleine à bosse»

« Suspect numéro un »

 

Tom Mustill est documentariste animalier. Dans Ma baleine à bosse, il est à la fois derrière la caméra et sujet de son film. En 2015, pendant qu’il faisait du kayak de mer dans la baie de Monterey, en Californie, dans une zone privilégiée pour l’observation des baleines, son embarcation a été renversée par une baleine à bosse qui a effectué une « pirouette » caractéristique de cette espèce. Traumatisé par cette expérience, le cinéaste s’est lancé dans une quête pour retrouver l’animal qui aurait pu causer sa mort et comprendre les raisons de sa présence dans cette région et de son saut impressionnant.

De quête personnelle, le documentaire de Mustill devient une enquête passionnante pour retrouver celle qu’il finit par baptiser « Suspect numéro un », mais aussi et surtout un portrait fascinant de cette espèce unique qu’est la baleine à bosse, sans doute l’animal le plus « puissant » des océans. On y rencontre également nombre de spécialistes et d’amoureux de cette espèce, dont certains sont prêts à mettre leur vie en danger pour sauver des baleines prises dans des filets de pêche, une cause de mortalité qui monte en flèche depuis quelques années chez ces mammifères marins. Voilà un documentaire aussi utile qu’émouvant.


Ma baleine à bosse
Canal D, dimanche, 17 h, rediffusion mercredi, minuit

 

Reprendre du service

 

L’un des personnages favoris de bien des adeptes de l’univers Star Trek, l’inoubliable capitaine Jean-Luc Picard, revient au petit écran, 25 ans après la fin de la série qui l’a mis au monde, Star Trek : Next Generation, et pas loin de 20 ans après sa dernière apparition dans un long métrage de la franchise, Star Trek : Nemesis. On sait très peu de choses sur ce retour attendu du personnage qui a provoqué tout un virage dans la carrière de l’acteur shakespearien Patrick Stewart, sinon qu’on le retrouve des années après ses dernières aventures à l’écran, devenu vigneron dans sa France natale. Les dix épisodes hebdomadaires et cette nouvelle série et sa suite déjà annoncée devraient nous donner un aperçu de ce qu’il adviendra de l’ancien grand pilote de l’Entreprise.


Star Trek : Picard
CTV Sci-Fi Channel, dès jeudi et Crave, dès vendredi

 

Enquêtes « freudiennes »

 

On est partagé devant cette minisérie policière, une coproduction Grande-Bretagne–Autriche dont l’action se passe dans la Vienne du début du XXe siècle, tournée en anglais avec de nombreux acteurs germanophones, et dont les personnages principaux et les intrigues rappellent à plusieurs égards ceux de Sherlock Holmes… Inspirée d’une série de romans policiers du Britannique Frank Tallis, Vienna Blood suit les enquêtes de l’inspecteur Rheinhardt, qui se voit imposer la présence d’un observateur un peu envahissant, le jeune docteur Max Liebermann, un adepte des nouvelles théories à la mode de Sigmund Freud. Ce dernier, d’abord considéré comme embarrassant par l’enquêteur viennois bourru, saura se rendre indispensable grâce à ses théories de profilage psychologique de suspects, mais surtout par sa capacité à mettre le doigt sur l’imperceptible détail incriminant et à faire avouer avec une aisance déconcertante les témoins et suspects les plus récalcitrants. Malgré sa prévisibilité et son manque d’originalité, la série arrive tout de même à esquisser l’échiquier politique explosif qui se profile en Europe à cette époque et réussit à accrocher celui qui s’y aventure.


Vienna Blood
PBS, dimanche, 22 h

Le visionnement en continu

La première saison de cette comédie grinçante sur les défis de taille d’une jeune journaliste talentueuse qui manque de confiance en elle à cause de son obésité montrait comment il peut être difficile pour une personne avec un surplus de poids, aussi intéressante, brillante et belle qu’elle soit, de prendre sa place sans avoir peur de subir l’opprobre d’autrui, autant dans sa vie amoureuse et familiale que dans sa vie professionnelle. Dans ce deuxième opus, le personnage d’Annie, toujours incarné avec brio par Aidy Bryant (Saturday Night Live), maintenant débarrassée de sa peur viscérale de décevoir, d’être déçue et humiliée, prend des risques qui lui feront comprendre qu’elle n’a peut-être pas tout ce qu’elle désire ou ce qu’elle mérite… Un autre bonbon acidulé, qui se savoure mieux à petites doses qu’à grandes bouchées.
 

Shrill, saison 2
Crave, dès vendredi

Abysses mercantiles…

On se demande comment on peut descendre plus bas… C’est ce qui vient en tête en lisant le slogan « Reach new depths » (« Atteignez de nouvelles profondeurs » en français) qu’on trouve sur l’affiche promotionnelle de cette nouvelle série documentaire produite par Netflix et consacrée à l’entreprise de « bien-être » créée par l’actrice américaine Gwyneth Paltrow… La compagnie, déjà décriée pour sa promotion de traitements et de produits très discutables d’un point de vue scientifique et, avouons-le, à plusieurs égards assez effrayants, se voit offrir encore plus de visibilité dans les six épisodes de cette série où il sera, entre autres, question d’exorcisme, de guérison énergétique et de produits anti-vieillissement. À prendre avec d’immenses grains de sel…

The Goop Lab with Gwyneth Paltrow
Netflix, dès vendredi