«Sanditon»: Jane Austen à la plage

Ayant évacué dans le premier épisode les 50 pages de ce roman inachevé, Davies a imaginé la suite des aventures.
Photo: PBS Ayant évacué dans le premier épisode les 50 pages de ce roman inachevé, Davies a imaginé la suite des aventures.

Comment ne pas se réjouir lorsqu’un roman de Jane Austen prend vie à l’écran ? Si Orgueil et préjugés a connu de beaux jours grâce à la série avec Colin Firth en M. Darcy, qu’Emma a hérité des traits gracieux de Gwyneth Paltrow et qu’Emma Thompson et Kate Winslet ont brillé dans la peau des sœurs Dashwood dans Raison et sentiments, cette version en huit épisodes de Sanditon que propose le scénariste Andrew Davies (Le journal de Bridget Jones) risque de laisser de glace les janeites purs et durs. Et pourtant, il n’en est pas à sa première adaptation d’une œuvre de Jane Austen : c’est lui qui a écrit le scénario de la série nommée plus haut !

Ayant évacué dans le premier épisode les 50 pages de ce roman inachevé, Davies a imaginé la suite des aventures sentimentales et professionnelles de la raisonnable Charlotte Heywood (Rose Williams), de l’ambitieux M. Parker (Kris Marshall) et son ténébreux frère Sidney (Theo James), de l’imbuvable lady Denham (Anne Reid) et des autres personnages, tous plus antipathiques ou inintéressants les uns que les autres.

Tranchant avec les six autres romans en raison de son humour et de ses personnages caricaturaux, ce récit campé dans une station balnéaire fictive du Sussex aurait-il dû rester dans les tiroirs de Jane Austen ? C’est la triste impression que l’on ressent devant cette conventionnelle, terne et rigide télésérie. Tout au plus nous rappelle-t-elle l’esprit progressiste — notamment à travers le personnage de Miss Lambe (Crystal Clarke), riche héritière métisse victime de racisme — de la romancière décédée 20 ans avant l’ère victorienne. Pour inconditionnels seulement. Et encore…

 

Sanditon 

PBS, dimanche, 21 h