Des premières alléchantes en ligne sur les écrans d’ici

Dans «C’est comme ça que je t’aime», les auteurs François Létourneau et Jean-François Rivard naviguent dans le Québec effervescent de 1974 en banlieue de la Vieille Capitale.
Photo: Tou.tv Dans «C’est comme ça que je t’aime», les auteurs François Létourneau et Jean-François Rivard naviguent dans le Québec effervescent de 1974 en banlieue de la Vieille Capitale.

La progression des Tou.tv, Club Illico et autres Noovo, ces plateformes des gros joueurs de la télévision québécoise, n’a pas été aussi fulgurante que celle des géants du visionnement en continu tels Netflix, Hulu et autres Prime Video. Mais à force, celles-ci occupent désormais une place prépondérante dans les habitudes d’écoute des téléspectateurs.

Les chaînes affichent maintenant leurs cotes d’écoute en comptabilisant les enregistrements numériques et les nombreux visionnements sur leur plateforme respective, et réservent à ces dernières leurs primeurs. C’est le cas pour à peu près toutes les nouvelles fictions les plus attendues des grands réseaux cet hiver, à l’exception notable du thriller médical Épidémie, qui a commencé cette semaine à TVA.

Couples dangereux et uchronie d’ici

Les propositions qui intriguent le plus sont sans conteste les deux « gros morceaux » offerts sur l’Extra de Tou.tv au cours des prochains mois. Le duo François Létourneau et Jean-François Rivard, qui a bousculé quelques téléspectateurs et en a ravi plusieurs avec ses séries très originales Les invincibles et Série noire, se tourne cette fois vers le passé pour raconter des histoires conjugales qui s’annoncent (du moins sur papier) aussi abracadabrantes, sinon plus que dans ses projets antérieurs. Dans C’est comme ça que je t’aime, les créateurs nous emmènent dans le Québec effervescent de 1974 en banlieue de la Vieille Capitale, où l’on suivra la trajectoire singulière de deux couples de banlieusards au bord de l’explosion, qui se tourneront vers le crime plutôt que le divorce pour trouver leur salut, ou quelque chose comme ça. Disponible tout en bloc à la mi-mars.

 
Photo: Tou.tv Scène de la comédie «La maison bleue»

De mémoire de téléphile, aucune série « uchronique » d’importance n’a été produite au Québec. Ce ne sera plus le cas avec la comédie La maison bleue, dont l’action se passe dans un Québec contemporain qui serait devenu indépendant à la suite d’une victoire du Oui au référendum de 1995. Cette histoire de « science-fiction » politique créée par Ricardo Trogi, Louis Morrissette, François Avard et Daniel Savoie (le créateur et personnificateur de Patrice Lemieux, ce personnage de hockeyeur pas trop futé…) suivra le quatrième président de la République québécoise, Jacques Hamelin (Guy Nadon), et son entourage, au moment où celui-ci est aux prises avec un problème de taille : bien des Québécois souhaitent retourner dans le giron canadien… On pourra voir le résultat le 13 février.

Vies compliquées

Le Club Illico n’est pas en reste avec deux nouveautés qui feront probablement mouche. La série de romans jeunesse épistolaires La vie compliquée de Léa Olivier et leur version en bandes dessinées connaît un succès phénoménal auprès des jeunes lecteurs, au Québec mais aussi en France, depuis ses débuts en 2012. Voilà que l’adaptation télé des deux premiers tomes de cette saga un brin autobiographique de Catherine Girard-Audet débarque sur la plateforme de Vidéotron sous les bons soins de Rachel Cardillo (Les Argonautes, Tactik) à la scénarisation et de Martin Cadotte (La malédiction de Jonathan Plourde, Mehdi et Val) à la réalisation. Laurence Deschênes, remarquée dans O’, et qu’on remarquera sans doute dans l’adaptation cinématographique de La déesse des mouches à feu, occupe le rôle-titre. Les douze épisodes seront disponibles le 20 février.

 
Photo: Club illico Antoine L’Écuyer et Élise Guilbault de la minisérie «Mon fils»

Le tandem « vétéran » de la télé d’ici, Anne Boyer et Michel D’Astous (L’heure bleue, Yamaska, Nos étés, Les poupées russes), laisse de côté la série au long cours en proposant la minisérie Mon fils, qui raconte comment est bouleversée l’existence d’un jeune homme à qui tout semblait sourire et celle de ses proches quand se développent les symptômes de la schizophrénie. Antoine L’Écuyer (C’est pas moi, je le jure !, Corbo) et Élise Guilbault incarnent le duo mère-fils au centre des six épisodes de ce drame réalisé par Mariloup Wolfe. Disponible le 12 mars.

Et en vrac…

Cet hiver télévisuel, qui s’étend jusqu’au désert de la fin du printemps, verra la première série originale de Séries+ depuis son réengagement dans la production de contenus québécois, Le Phénix, une comédie dramatique sur la route avec Guylaine Tremblay et Josée Deschênes (au printemps). On pourra également découvrir une autre série produite en anglais et diffusée simultanément dans les deux langues officielles à des chaînes de Bell Media, le drame médical Transplant, qui suit un urgentologue syrien qui s’installe au Canada et mettant en vedette Laurence Leboeuf. À Vrak et à CTV au printemps.

Au rayon des séries Web, on a très hâte de zieuter Amours d’occasion (Tou.tv, le 29 janvier) d’Évangéline Kabuya, des histoires de cœur sises dans le quartier du roman phare de Gabrielle Roy. On attend également avec intérêt l’adaptation par Éric Piccoli (Écrivain public) du roman coup-de-poing d’Anaïs Barbeau-Lavalette, Je voudrais qu’on m’efface (Tou.tv, en mai), regards d’enfants qui vieillissent trop vite dans un milieu qui ne leur fait pas de cadeau. Le pilote dévoilé l’an dernier laisse espérer le meilleur.

Quelques-uns des projets Web qui trouveront leur place sur la plateforme d’UNIS titillent notre curiosité. C’est le cas des Fleuristes (le 15 avril) de Maxime Pouliot, le récit d’apprentissage et d’ambitions d’un marchand de fleurs d’origine maghrébine qui se cherche une relève, et de La loi c’est la loi (le 14 mai), première expérience scénaristique du comédien Émile Schneider, qui interprète également un des deux policiers vedettes d’une nouvelle escouade révolutionnaire, qui considère tout un chacun comme suspect dans un Montréal rongé par le vice.