«Le Killing», version 2.0

Pour les créateurs de la websérie, Alexandre Pelletier et Alec Pronovost, «Le Killing», «c’était beaucoup basé sur le fait de collaborer avec plein de monde de notre bac, avec des humoristes de la relève, des gens avec qui on avait bâti des liens de travail forts».
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Pour les créateurs de la websérie, Alexandre Pelletier et Alec Pronovost, «Le Killing», «c’était beaucoup basé sur le fait de collaborer avec plein de monde de notre bac, avec des humoristes de la relève, des gens avec qui on avait bâti des liens de travail forts».

Les étranges, mais fort sympathiques moniteurs du camp de jour estival St-Cardinal sont de retour pour une nouvelle saison de la série Web Le Killing, diffusée sur le site Noovo.ca. Et si le jeu d’élimination y prend une place un peu différente dans l’histoire, la production offre également davantage d’épisodes d’une durée plus longue.

Soulevée par la popularité des humoristes Jay Du Temple (Hercule) et Rosalie Vaillancourt (Slingshot), mais menée principalement par une série de comédiens doués, mais moins connus comme Louis Carrière (Clochette) et Daphnée Côté-Hallé (Quenouille), la première saison du Killing a obtenu un bon succès en ligne, chaque épisode attirant en moyenne 36 000 spectateurs.

La série fort amusante — parce qu’un peu niaiseuse, il faut l’avouer — nous plonge en été, au camp de jour, dans l’univers de la dizaine d’ados engagés pour s’occuper de la marmaille en vacances.

« C’était vraiment un petit plaisir de A à Z, raconte le réalisateur, Alec Pronovost, attablé avec son coscénariste, Alexandre Pelletier. Le Killing, c’était beaucoup basé sur le fait de collaborer avec plein de monde de notre bac, avec des humoristes de la relève, des gens avec qui on avait bâti des liens de travail forts. »

La première saison se concentrait beaucoup sur la stratégie du « Killing », un jeu répandu chez les animateurs de camps lors duquel ceux-ci s’éliminent les uns les autres de trois manières : à coups de fléchettes en mousse, en se déguisant en ninja muni d’un couteau en plastique ou en mettant du tabasco dans le verre de sa cible.

La saison 2 du Killing, diffusée en ligne dès le 8 janvier, s’amorce un été plus tard alors que les moniteurs apprennent que le gagnant de cette joute remplacera Glue (David Bourbonnais) comme grand chef du camp St-Cardinal.

Mais, à l’écoute des premiers épisodes de cette nouvelle année, on sent que le jeu prend une place différente dans la série. « C’était important de voir le Killing et que ce soit omniprésent, mais on voulait que ce soit moins central ; on préférait miser sur l’éventail de personnages et sur ce qui les met en relation avec ça plutôt que de mettre l’accent sur le jeu », explique Alec Pronovost.

Chacun des personnages réagira à sa façon devant le nouvel enjeu du Killing. Clochette — qui se présente en « version 2.0 » même s’il a encore un faible pour Quenouille — prend un peu ses distances, Slingshot ajustera sa stratégie machiavélique et Gruau (Jérémy Laliberté), l’assistant de Glue, se révélera d’une étonnante façon.

Pour permettre aux différentes trames narratives de se déployer, Le Killing compte maintenant dix épisodes plutôt que huit, et ceux-ci durent en moyenne 13 minutes, soit presque le double de ceux de la saison 1. « La première saison, c’était 115 pages de textes, et la deux, c’est 184 », illustre Pronovost.

Le réalisateur explique aussi que, comme l’univers et les codes de la série étaient établis, il pouvait maintenant aller « dans toutes les zones ». « Là, on peut donner à chacun des personnages leur petit moment », illustre Pronovost.

Double objectif

« Pour cette saison-là, comme un band qui sort son deuxième album, c’est de la pression ! rigole Alexandre Pelletier. Il faut que tu te réinventes. »

En ce sens, Pronovost et Pelletier avaient ciblé deux objectifs précis dans l’écriture de ces nouveaux épisodes. « De un, se dépasser dans le facteur épais, niaiseux, nono — dans le bon sens du terme ! Et de deux, à l’autre côté du spectre, aller “plus dramatique”, explorer des zones un petit peu plus sombres, aller dans des thématiques un petit peu plus adultes, plus matures », explique le coscénariste.

« Et les faire vivre en parallèle », ajoute le réalisateur. En ce sens, le duo s’inspire beaucoup de séries américaines comme Community, Hot Wet American Summer et Eastbound Down.

On savait qu’on voulait ajouter un personnage féminin. C’est con à dire, mais on trouvait que ça manquait à la saison 1, qui était bâtie autour d’une cohorte de gars. Et comme on ne voulait pas que ce soit des affaires d’amour, elle est un peu "tough", elle veut faire ses affaires, elle est un peu rebelle.

De nouveaux personnages viennent par ailleurs nourrir cette nouvelle vague d’épisodes, dont le vampiresque Shadow (François Larouche), aperçu lors des dernières secondes de la première saison — « un peu pour jouer avec les codes des post-credits scenes de Marvel », dit Alec Pronovost.

« On trouvait ça payant d’avoir un personnage qui ne “fitte” pas dans cet univers-là, ajoute le réalisateur. Il a un chandail noir, il parle en anglais, il a une voix super démoniaque, il a un œil blanc et une grosse cicatrice… C’est pas un animateur de camp de jour, mais personne n’accuse ça, jamais ! »

Le Killing fera aussi apparaître la jeune Panini (Charlie Lemay-Thivierge). « On savait qu’on voulait ajouter un personnage féminin, explique Alexandre Pelletier. C’est con à dire, mais on trouvait que ça manquait à la saison 1, qui était bâtie autour d’une cohorte de gars. Et comme on ne voulait pas que ce soit des affaires d’amour, elle est un peu tough, elle veut faire ses affaires, elle est un peu rebelle. »

Panini est en quelque sorte la seule de tous les moniteurs qui pourrait vraiment travailler dans un camp, illustre Pelletier.

« Écoute, on s’est fait écrire par de vrais animateurs de camp pour qu’on leur fournisse des extraits de la série. Ils voulaient les montrer en formation pour dire quoi ne pas faire ! »

Pronovost et Pelletier ne comptent pas s’arrêter avec cette deuxième saison, une troisième déclinaison étant dans les cartons. « Et on voudrait boucler Le Killing, dit le réalisateur. Un peu en raison du format et du budget qu’on peut aller chercher, mais aussi parce que ça va être plus dur avec [les disponibilités du] casting. Et le noyau avec lequel c’est parti, il faut qu’il soit là de A à Z, je pense. »

  

Le Killing, saison 2

Noovo.ca, dès le 8 janvier