«Porteurs de plumes»: les identités éclairantes

L’ensemble aurait pu sonner paternaliste et même culpabilisant, il est plutôt rafraîchissant.
Photo: Radio-Canada L’ensemble aurait pu sonner paternaliste et même culpabilisant, il est plutôt rafraîchissant.

En quatre générations, la famille de l’artiste multidisciplinaire Caroline Monnet a perdu son nom et sa langue tout en essuyant cassures, rejets et mépris. À travers son art, la créatrice anichinabée revendique aujourd’hui la place qu’on a trop longtemps refusée hier aux peuples autochtones : « C’est une grande responsabilité que de crier haut et fort : votre politique d’assimilation, ça n’a pas marché ! »

L’artiste, exposée ici comme au prestigieux Whitney Museum de New York, se confie sans détour à Sophie Fortier qui, dans Porteurs de plumes, documente la résurgence de l’art autochtone à travers trois de ses figures phares. Outre Caroline Monnet, elle suit le sculpteur huron-wendat Ludovic Boney (notre photo) et la poète innue Natasha Kanapé Fontaine avec une lenteur admirative qui fait mouche. La création n’est pas seulement pensée et décortiquée, on la voit en action, dans toute son humilité, sa patience et, surtout, sa puissante volonté.

Cela donne des moments d’une belle justesse contemplative auxquels se greffent des interventions plus formelles qui permettent de mieux mesurer l’ampleur du génocide culturel pratiqué au Canada. L’ensemble aurait pu sonner paternaliste et même culpabilisant, il est plutôt rafraîchissant, voire galvanisant. Il capte en effet une énergie dont témoigne la directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, Nathalie Bondil, cela tant à l’échelle des musées, des galeries et des collectionneurs que des visiteurs : « C’est une chance pour nous de voir éclore autant de talents ! »

 

Porteurs de plumes

ICI Radio-Canada télé, samedi, 22 h 30 ; aussi sur l’extra de Tou.tv