«Le 422», séduire par la démesure

L’intrigante reine Holka (Mylène Mackay) règne sur la huitième dimension,  un monde parallèle.
Télé-Québec L’intrigante reine Holka (Mylène Mackay) règne sur la huitième dimension, un monde parallèle.

Profitant du puissant sillage de son traditionnel Ciné-cadeau, Télé-Québec lancera le 23 décembre sa nouvelle et ambitieuse émission d’aventures fantastiques intitulée Le 422. La série qui flirte avec la science-fiction et qui use d’effets spéciaux espère happer les familles avec des enjeux qui leur sont propres.

Le 422 — à dire « 4-2-2 » —, c’est l’adresse d’une étrange maison située à cette adresse, rue Sauvé, dans une petite ville tranquille de banlieue. Les résidents du bungalow auraient disparu, et l’endroit est à l’abandon.

Lou, Sacha et Luc, trois jeunes à la recherche d’un endroit tranquille où installer leur console de jeu, s’introduisent dans la mystérieuse maison et y rencontrent deux sœurs, Sophie, l’aînée, et Lucie, la cadette. Dans le sous-sol de la maison, la bande des cinq découvre une étrange porte en métal, verrouillée par de multiples cadenas.

C’est là que la simple émission jeunesse s’ouvre sur un univers rarement exploité au Québec. La porte s’avère être un passage vers la huitième dimension, un monde parallèle, souterrain, où règne l’intrigante reine Holka (Mylène Mackay) et où il faut réussir huit épreuves afin d’accéder au trésor et de revenir « en haut », dans le monde des hommes (et des parents). En plus, une famille de Guerriers de l’ombre (dont Normand D’amour, Mathieu Baron et Marc Beaupré) s’en mêle.

« Il y a beaucoup d’émissions qu’on fait pour remplir un monstre linéaire traditionnel, mais il y a aussi des séries événements, dit Marysol Charbonneau, directrice des programmes jeunesse et famille de Télé-Québec. Je pense que Le 422, dans sa démesure, dans sa richesse, nous a permis de dire que, si on veut séduire un public qui a accès à des millions de contenus, si on veut se démarquer, on doit avoir un produit unique et rassembleur. »

Réalisé et produit par Benoît Lach et Vincent Lafortune (Marc-en-Peluche, Juste nous deux), Le 422 trouve en effet peu d’équivalents dans la production locale. La série destinée aux enfants d’environ 9 ans et plus ainsi qu’à leurs parents fait penser à un hybride québécois de Hunger Games, Jumanji, La porte des étoiles et Stranger Things.

Lach et Lafortune le concèdent, cette dernière référence vient beaucoup du fait qu’on y trouve trois jeunes à vélo dans un univers noir, où il y a des effets spéciaux à l’écran. « Il y a certains codes qui se ressemblent, mais, si on se plonge dans l’histoire, dans la mythologie, on n’est pas du tout dans le même territoire, avec les mêmes leviers dramatiques », note Vincent Lafortune.

Je pense que Le 422, dans sa démesure, dans sa richesse, nous a permis de dire que, si on veut séduire un public qui a accès à des millions de contenus, si on veut se démarquer, on doit avoir un produit unique et rassembleur

 

Benoît Lach ajoute que c’est dans tout ce qui est psychologique que Le 422 se démarque aussi. La meilleure représentation de ce fait se trouve dans les épreuves que les jeunes devront affronter, épreuves créées par le cerveau Gamma, en quelque sorte le maître du jeu. Les huit défis s’ancrent dans les peurs, les craintes, les cicatrices que portent les héros — que les scènes dans le monde réel éclairent. « C’est là, à mon avis, l’unicité de la série », dit Benoît Lach.

Effets spéciaux

Le 422 est une production d’une grande ampleur pour Télé-Québec, qui a accordé aux créateurs un budget équivalent à celui d’une série « lourde ». Il a fallu 40 jours de tournage pour boucler la saison, et la présence d’effets spéciaux a aussi compliqué les choses. Dans les trois épisodes vus par la presse en amont de la diffusion, on a pu voir par exemple une carte de la huitième dimension qui s’éclairait dans le noir, un saut et une chute dans les méandres de ce monde obscur, un personnage qui traverse un portail aux allures aquatiques.

« Les VFX [effets visuels] servent l’histoire, tranche Benoît Lach. Ce n’est pas une série où ils sont tellement mis en avant […], ils sont là pour faire avancer les histoires selon ce qui se passe. »

« C’est l’amalgame d’effets et de réalité aux bons endroits qui nous permet de créer l’univers et que ça soit crédible, que ça fonctionne quand même, observe Vincent Lafortune. Je pense que l’idée, c’est d’offrir un contenu culturel québécois d’envergure. J’ai des enfants et je vois ce qu’ils consomment, je vois bien que la concurrence est féroce. Et on était fiers, avec Le 422, d’offrir une production qui s’adresse à la famille, aux jeunes, mais qui égale ce qui se fait à l’international. »

Double diffusion

Le 422 sera diffusée de deux façons. Le 23 décembre, la série sera d’une part déposée en intégralité sur le site de Télé-Québec. Et elle sera aussi diffusée de manière quotidienne à la télévision, à 18 h, juste avant Ciné-cadeau. Les épisodes seront par la suite rediffusés de manière hebdomadaire à partir de la mi-janvier.

Pour Marysol Charbonneau, Le 422 est une sorte de « coffret du temps des Fêtes ». Et sa présence en parallèle des films d’animation de Ciné-cadeau, en majorité des productions étrangères, n’est pas anodine.

« Est-ce qu’on était capables d’avoir un rendez-vous aussi marquant, aussi rassembleur, avec une propriété originale ? C’est ce qu’on voulait faire, dit Mme Charbonneau. [Il n’y a] pas juste les vieux films de notre enfance. L’idée était de recréer des propriétés qui deviendront les classiques de demain, mais qui sont assez fortes pour être novateurs et audacieux aujourd’hui. »

Déjà, des discussions pour une deuxième saison de la série sont en cours, mais le financement n’est pas encore ficelé. Les auteurs sont quand même à leur table de travail, d’autant que la finale de la première saison « a une ouverture vers plein de possibilités ».

Le 422

Dès le 23 décembre à Télé-Québec. Chaque jour à 18 h, ou en rafale à Telequebec.tv.