«Royal de luxe»: rêves de macadam

Jacques Nadeau Le Devoir

Le macadam, Royal de luxe connaît, elle qui a jeté dans les rues aussi bien une catapulte à pianos que des voitures percées d’une fourchette colossale pour le seul plaisir des passants. Jusqu’à ce que Jean-Luc Courcoult, l’esprit libre à la tête de la compagnie de théâtre de rue, se mette en tête de « raconter une histoire à une ville entière ». À ambition démesurée, moyens phénoménaux : ainsi naissaient les géants articulés, hauts de trois étages, qui ont fait rêver Montréal il y a deux ans.

Pour qui a vu défiler ici la petite géante, son chien et l’énigmatique scaphandrier, la magie de Royal de luxe est flagrante. Ses ficelles, si on exclut celles tenues par les Lilliputiens qui meuvent les géants de bois et de métal, sont paradoxalement difficiles à saisir tant le prodige émeut. Le cinéaste Jean-Michel Carré les met au jour sans fard, nous entraînant dans les coulisses de tournées plus grandes que nature qui nous mènent de Montréal à Anvers en passant par Liverpool ou Nantes, port d’attache de la fabrique de rêves éveillés.

Jean-Luc Courcoult s’y révèle en visionnaire, avec la part d’absolu que cela suppose : refus des règles et pied de nez aux interdits en prime. « Travailler avec Jean-Luc, c’est comme travailler dans les montagnes russes : des fois, on s’envole, c’est superbe, et, des fois, on s’écrase », confie Susana Ribeiro, qui dirige la petite dans toutes ses pérégrinations. Car la récompense est immense : c’est à un vrai prodige que convie Royal de luxe, laissant sur la foule un sourire béat qui traverse la ville. Et maintenant l’écran.

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Royal de luxe

ICI Télé, samedi, 22h30