L’année en 12 temps forts sur nos écrans

Scène de la série «Unbelievable»
Photo: Netflix Scène de la série «Unbelievable»

Unbelievable, la série exemplaire

Atypique, cette série remarquable s’inspire d’un percutant article de ProPublica racontant la traque d’un violeur en série par deux policières américaines. Tout épate dans cette production de Netflix qui démonte avec une sensibilité inouïe les failles d’un système policier et juridique soumis à des préjugés de toutes sortes, certains admis, d’autres souterrains. Un électrochoc essentiel, asséné par une distribution impeccable qui brille de mille feux dans cette histoire — trop — vraie écrite au quart de tour.

Louise-Maude Rioux Soucy

Photo: Bertrand Calmeau

Fragile, meilleure série québécoise

Serge Boucher (Aveux) frappe fort avec Fragile (Tou.tv), puissant et complexe drame riche en fausses pistes et en coups de théâtre relatant l’émouvante relation entre deux hommes (Pier-Luc Funk et Marc-André Grondin) que tout sépare. En homme de confiance d’une riche famille, Martin Drainville y est simplement magistral. Mention d’honneur à M’entends-tu ? (Télé-Québec), incursion crue, tendre et poétique dans le milieu de la pauvreté avec les sublimes Florence Longpré, Ève Landry et Mélissa Bédard.

Manon Dumais

Photo: Amazon Prime Video

Fleabag, meilleure suite

Couronnée aux derniers Emmy Awards et nommée deux fois aux prochains Golden Globes, la seconde saison de la fabuleuse comédie (offerte sur Prime Video) de Phoebe Waller-Bridge a surpassé la première, déjà très convaincante. L’histoire d’amour impossible de son héroïne paumée mais sympathique avec son « prêtre sexy », trame principale de cette saison moins éparpillée que la première, rend ce deuxième (et ultime, aux dires de la créatrice) effort irrésistible. On en aurait pris plus.

Amélie Gaudreau

Photo: HBO

Euphoria, la série jeune adulte de l’année

Remplie de sexe furtif, de surdoses de Fentanyl, de papas déviants et de sessions de domination financière, la série coproduite par Drake a offert un cocktail explosif. Comme un Kids post-11 Septembre transposé dans une banlieue américaine d’où tout espoir aurait été éradiqué, cette oeuvre stylée réalisée et signée HBO a pu compter sur une bande de jeunes acteurs saprément crédibles. Mention spéciale à Sex Education (Netflix) qui a aussi abordé, de façon plus comique, la sexualité chez les ados.

Natalia Wysocka

Photo: Maxime Desbiens

Teodore pas de H, meilleure websérie d’ici

La comédienne et dramaturge Nathalie Doummar, déjà célébrée pour son théâtre (Coco), ajoute une bien belle corde à son arc scénaristique avec cette chronique comique du laborieux retour aux études secondaires d’un trentenaire atteint d’un TDAH. Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques brille dans le rôle de ce jeune homme motivé mais dissipé, dont on suit avec délectation le discours intérieur décousu et hilarant. À voir sur teodorepasdeh.com.

Amélie Gaudreau

Photo: HBO

Chernobyl, meilleure série historique

À la limite de la monomanie dans sa volonté de décrire minute par minute la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl, la percutante minisérie de Craig Mazin déploie sa mécanique avec une minutie glaçante sur HBO et Super écran. Si des libertés narratives sont prises ici et là, l’esprit soviétique est rendu par une approche studieuse de l’histoire livrée dans une palette désaturée, dominée par des verts et des orangés qui crient la grisaille inquiète des années 1980.

Louise-Maude Rioux Soucy

Photo: Lifetime

Surviving R Kelly, meilleur documentaire

Aussi révoltante que fouillée, cette docusérie (à Investigation et Lifetime) a révélé les ramifications tordues de l’écosystème de violence mis en place par R Kelly. Posant la question de la séparation entre l’oeuvre et l’artiste, dépeignant l’importance qu’a eue le chanteur déchu du R&B dans l’histoire de la musique et ne gommant ni ses comportements répréhensibles ni ses succès, cette série ne se contente pas de balayer l’affaire. Les témoignages, les images et les souvenirs se succèdent.

Natalia Wysocka

Photo: Z

Rire sans tabous, meilleure série documentaire d’ici

Les détracteurs du « gros cave » de l’humoriste Jean-François Mercier ont dû être (agréablement) surpris par cette série documentaire, qui mettait en lumière les réflexions de personnes dont les différences constituent des sujets délicats à aborder en humour. Toujours sur le mince fil entre la discussion franche et la plaisanterie bienveillante, Rire sans tabous (diffusée par Z, offerte sur Illico) allie à merveille utilité et divertissement.

Amélie Gaudreau

Photo: Netflix

Russian Doll, meilleure série de genre

Le soir de ses 36 ans, une cynique conceptrice de jeux vidéo (truculente Natasha Lyonne) carburant à l’alcool, à la nicotine et autres substances meurt heurtée par un taxi. Et puis elle revit. Et puis elle remeurt. Et ainsi de suite. Série de huit épisodes montée au scalpel, Russian Doll (Netflix) propose une rafraîchissante réflexion sur le destin sous la forme d’un cocktail jubilatoire empruntant à la fois à la comédie noire, au suspense, au drame fantastique, au jeu vidéo et au jour de la marmotte.

Manon Dumais

Photo: BBC / HBO

Years and Years, meilleure série dystopique

Ancrée dans un futur immédiat sur fond de totalitarisme rampant, cette pénétrante minisérie d’anticipation nous plonge dans une Grande-Bretagne soumise à des pressions technologiques, économiques et politiques héritées de nos dérives actuelles. Avec pour point focal les Lyon, une famille progressiste emportée par la tourmente, cette satire démonte brillamment nos peurs les plus sombres. Elle fait cela au grand galop, porté par un esprit féroce, un brin caricatural, mais prescient. Sur HBO et Super écran.

Louise-Maude Rioux Soucy

Photo: Ludovic Rolland-Marcotte

100 génies, meilleure émission de variétés

On aurait pu cloisonner cette nouveauté survoltée animée par Pierre-Yves Lord dans la catégorie des jeux, mais c’eût été un peu réducteur de reléguer cette relecture moderne et fort divertissante de Génies en herbe dans cette petite case. 100 génies est un rendez-vous familial d’une rare intensité, avec ses salves de questions, son épreuve d’évasion enlevante et la présence enthousiaste d’invités musicaux. Vivement une deuxième saison.

Amélie Gaudreau

Photo: Netflix

Tidying up with Marie Kondo, la téléréalité-phénomène

Lancée le 1er janvier, cette téléréalité de Netflix a soulevé l’ire comme les discussions. La figure de proue du minimalisme Marie Kondo, joviale passionnée de ménage, y rencontrait des couples fatigués pour les forcer à se débarrasser d’au moins 94,7 % de leurs 365 paires de culottes respectives. On a défendu la fée de l’épuré, reste que dans sa pile « à jeter », kon Marie semble avoir récemment placé son jugement, vendant en ligne et à fort prix spatules, bols et autres louches. Louche en effet.

Natalia Wysocka