«Allegro ma non troppo»: Dompierre, pluriel et précis

La musique n’est pas qu’un don pour François Dompierre, elle est aussi une bouée de secours qui le pousse vers l’avant, loin de ses peurs et de ses angoisses.
Photo: ARTV La musique n’est pas qu’un don pour François Dompierre, elle est aussi une bouée de secours qui le pousse vers l’avant, loin de ses peurs et de ses angoisses.

Dans la tête du compositeur François Dompierre, « la mélodie fait danser les mots au fur et à mesure qu’ils sont lus dans sa tête », s’épate son fils, Fred. En huit tableaux touchants, ce dernier décortique avec Vincent Mercier la connexion automatique, pour ne pas dire prodigieuse, qui a permis au mélodiste doué d’écrire de larges pans de la bande sonore de la vie culturelle québécoise dans Allegro ma non troppo.

Instinctif et précis, François Dompierre s’y révèle en improvisateur-né, bosseur infatigable doublé d’un créateur boulimique et pluriel. La musique n’est pas qu’un don pour lui, elle est aussi une bouée de secours qui le pousse vers l’avant, loin de ses peurs et de ses angoisses. Le ton est celui de la confidence, chaleureux, mais appliqué, régulier comme un métronome. Le créateur y parle de ses débuts, entre Félix Leclerc et Pauline Julien, de ses ritournelles publicitaires (On est six millions, faut se parler !), de son amour pour les comédies musicales (Demain matin, Montréal m’attend), les films et séries télévisées (IXE-13, Le matou).

Quelques regrets pointent ici et là : celui surtout de ne pas avoir assez fait de musique pour le simple plaisir, de la musique de concert, cette « musique inutile », qui peut « durer longtemps » et « même revivre ». Entre Sutton et Saint-Jean-de-Luz, François Dompierre cultive ces instants de grâce qu’il a enfin le temps de goûter pleinement après une vie pleine des rêves et volontés des autres. Et on se plaît à rêver pour lui d’un temps suspendu pour qu’il puisse encore nous raconter longtemps.

 

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«Allegro ma non troppo» — François Dompierre en huit mouvements concertants

Lundi, ICI ARTV, 20h30