Sur vos écrans: famille et foi

Dans «Merry Happy Whatever», Dennis Quaid incarne un patriarche peu commode qui fait passer un mauvais moment au nouvel amoureux de l’une de ses filles.
Photo: Netflix Dans «Merry Happy Whatever», Dennis Quaid incarne un patriarche peu commode qui fait passer un mauvais moment au nouvel amoureux de l’une de ses filles.

Quand la charge mentale fait mentir

 

On a lu beaucoup de bien dans la presse française à propos de Mytho, récemment présentée sur les ondes d’Arte et lauréate du prix du public à la dernière édition du festival de télé Séries Mania. Cette comédie dramatique réalisée par Fabrice Gobert, qui a fait des merveilles avec la série fantastique Les revenants, raconte ce qui arrive à une mère de famille excédée par le poids du quotidien et par le fait qu’elle est « invisible » pour sa famille, à laquelle elle se dévoue corps et âme, en vain : elle s’invente un cancer pour avoir l’attention de ses proches. Et c’est là que tout commencera à changer pour Elvira (Marina Hands, primée à Séries Mania pour ce rôle), pour son mari absent et volage (méconnaissable Mathieu Demy) et pour leurs trois grands enfants, peu reconnaissants. Mais pas nécessairement pour le mieux. C’est ce que laissent découvrir les six épisodes de cette première saison. Arte a annoncé une suite avant même la diffusion de ceux-ci. Pour la touche « locale », notons au générique la présence d’Yves Jacques, dans le rôle du patron (pas très gentil) d’Elvira, et de Colombe Raby, une habituée des films de Xavier Dolan, aux décors.


Mytho
Netflix, dès jeudi
Photo: Netflix «Mytho» raconte ce qui arrive à une mère de famille (Marina Hands) excédée par le poids du quotidien et par le fait qu’elle est invisible pour les siens.

Un chrétien « discret »

 

Bien que la séparation de l’Église et de l’État existe en France depuis 1905, la laïcité ne sera inscrite dans la Constitution qu’après la guerre en 1946, puis à nouveau en 1958, lors de l’instauration de la Ve République, mise en place par Charles de Gaulle, qui dominera la vie politique pour une autre décennie. Ce documentaire s’intéresse à la façon dont l’homme politique a érigé une séparation entre son exercice du pouvoir « laïque » et sa pratique religieuse « privée » en tant que fervent catholique. Le documentaire aborde cet aspect peu connu de la vie du général de Gaulle et les effets de cette réserve, parfois à géométrie variable, sur l’histoire récente de la France, à travers les commentaires éclairants de quelques historiens et ceux, pas toujours essentiels, de représentants de partis politiques français, autant à gauche qu’à droite, dont Jean-Luc Mélenchon et François Fillon. On y apprend entre autres que de Gaulle n’a communié que quatre fois lors des célébrations religieuses auxquelles il assistait dans le cadre de ses fonctions d’homme d’État, et l’une d’entre elles se déroula au Québec, durant un périple dont on entend encore parler de nos jours…


Charles le catholique, 1958-1969
TV5, lundi, 22 h
 

La comédie à papa

 

Le Thanksgiving de nos voisins du sud est synonyme de retrouvailles familiales, de boustifailles indécentes et de télévision « réconfortante » et rassembleuse, comme les matchs de football ou les téléfilms de Noël génériques. Cette nouvelle comédie de situation lancée par le géant rouge en ce jour de célébration de l’abondance entre très bien dans cette dernière catégorie, même si elle est vendue sous des airs plus irrévérencieux. Dennis Quaid y incarne un patriarche peu commode, shérif de surcroît, qui fait passer un mauvais moment au nouvel amoureux de l’une de ses filles, un musicien au succès très relatif, pendant sa première visite familiale durant le temps des Fêtes. La bande-annonce donne à voir tous les poncifs de ce genre de comédie de « beau-père ». On souhaite que le résultat soit moins prévisible. Quoique…


Noël dans tous ses états (Merry Happy Whatever en V.O.)
Netflix, dès jeudi

Sombres coulisses d’un sport «arrangé»

La lutte professionnelle « arrangée avec le gars des vues » est un plaisir coupable pour plusieurs, hérité bien souvent des matchs diffusés les dimanches matin, il y a déjà quelques décennies, sur un grand réseau québécois dont on taira le nom… Cette série documentaire produite par Vice devrait plaire à ces amateurs non avoués puisque chacun des six épisodes est consacré à une controverse à propos d’une ou de plusieurs vedettes de l’ancienne WWF, dans les années 1980 et 1990, dont Randy «Macho Man» Savage, la famille Von Erich et la lutteuse The Fabulous Moolah…
 

Dark Side of the Ring
Crave TV, dès vendredi

Les fantômes d’un naufrage

Ce premier film de la cinéaste franco-sénégalaise Mati Diop, récompensé du Grand Prix au dernier Festival de Cannes et toujours inédit sur grand écran au Québec, aborde la question des migrants sur un mode fantastique. On y suit Ada, une jeune Sénégalaise dont l’amoureux a pris la mer dans un équipage d’ouvriers non rémunérés dans l’espoir de trouver un ailleurs meilleur, et qui y périra. Alors qu’Ada doit se marier à un autre, les fantômes du défunt bien-aimé et de ses compagnons d’infortune se manifesteront d’une étrange façon…

Atlantique
Netflix, dès vendredi

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