Sur vos écrans: abondance avant l’Action de grâces

La chanteuse Dolly Parton
Photo: Tina Rowden Netflix La chanteuse Dolly Parton

Trop, c’est comme pas assez. Voilà ce qui vient en tête en jetant un œil à la liste interminable de nouvelles séries (plus d’une vingtaine) qui sont mises en ligne à quelques jours du long congé du Thanksgiving de nos voisins du Sud, dont une large proportion est diffusée par Netflix. Le géant du visionnement en continu, qui doit partager son marché avec deux nouveaux concurrents de taille apparus depuis à peine deux semaines, semble répondre par une salve de téléréalités, de séries d’animation, de films de saison plus ou moins inspirants, de quoi ne pas trop se casser la tête en digérant sa dinde… Mais aussi deux séries de fiction qui méritent qu’on s’y attarde un peu.
 

Dolly présente

 

La plus attendue est sans aucun doute la série d’anthologie dont l’histoire de chacun des épisodes est inspirée d’une chanson du répertoire de la reine du country. La chanteuse joue d’ailleurs de petits rôles dans quelques épisodes, en plus de présenter chacun des chapitres de cette anthologie avec la verve et l’élégance qu’on lui connaît. Les deux épisodes rendus disponibles à la presse, consacrés à These Old Bones et à l’immense succès Jolene, déçoivent un peu malgré leurs prémisses intéressantes et la qualité de leurs interprètes (dont la formidable et beaucoup trop rare Kathleen Turner, parfaite en vieille sorcière bienveillante). Ces deux récits pourtant prometteurs finissent par être minés par leur prévisibilité et le trop-plein de bons sentiments. Il reste la musique de Parton, d’hier et d’aujourd’hui, qui berce l’ensemble admirablement, et surtout ses textes, mis en valeur comme jamais.


Dolly Parton. Cordes sensibles (Dolly Parton’s Heartstrings en V.O.) Netflix, dès vendredi

 

Ange gardien rebelle

 

La proposition la plus intrigante provient pourtant de bien plus au sud que les États-Unis. Le monteur de films de Fernando Meirelles (La cité de Dieu, L’aveuglement), de Walter Salles (Carnets de voyage) et de Tree of Life, le réalisateur brésilien Daniel Rezenda, a créé cette comédie fantastique qui nous entraîne dans un monde où les anges gardiens sont des fonctionnaires, tous rouquins, cravatés et pourvus de petites ailes, qui font ce qu’ils peuvent pour assurer le bien-être de leurs « clients », dans les limites du cadre très strict de la bureaucratie. Et un jour, une première recrue en 300 ans dans ce service bien singulier se met à contrevenir aux fameuses règles pour mieux accomplir sa mission, et vient ainsi chambouler un ordre établi depuis des siècles… L’esthétique pas très loin de Jeunet et le ton décalé qui transparaissent dans la bande-annonce laissent espérer le meilleur.


Personne ne regarde (Ninguém Ta Olhando en V.O.) Netflix, dès vendredi

 

Dangereuse connectivité

 

L’autre gros acteur du visionnement en ligne, Amazon, dévoile pour sa part ce nouveau suspense dystopique britannique adapté d’un roman éponyme par la scénariste américaine Channing Powell (The Walking Dead). Dans un futur pas trop lointain, les cerveaux d’à peu près tout le monde sont connectés par implant à un système, The Feed, qui permet de « partager » instantanément ses pensées, ses souvenirs… La série s’intéresse à la famille de l’inventeur de ce réseau social hautement addictif (David Thewlis), dont le fils psychiatre se méfie des effets possibles de cette toile et essaie de ne pas en devenir dépendant. Les circonstances lui donnent raison quand quelqu’un de bien mal intentionné prend le contrôle de l’esprit de gens pour assouvir ces pulsions meurtrières.


The Feed Prime Video, vendredi

Cent fois sur le métier...

Encore une autre série documentaire qui offre une incursion « unique » dans les coulisses d’un métier captivant. L’intérêt est moins vif qu’au début de cette vague qui déferle depuis quelques années à la télévision québécoise et qui a permis de suivre le quotidien de travailleurs de la santé, de professeurs, de propriétaires de pompes funèbres et, plus d’une fois, de policiers. C’est encore le cas avec cette production qui s’intéresse au travail des membres de l’escouade de sauvetage de la Sûreté du Québec, qui doivent secourir les gens dans des endroits difficilement accessibles et dans des conditions extrêmes. Entre les interventions de la petite équipe de policiers chevronnés, qui sont tous passionnés par leur fonction peu commune, on suit les différentes épreuves fort exigeantes auxquelles doivent se soumettre les candidats qui souhaitent se joindre cette unité d’élite. Le résultat est à la fois divertissant et instructif, mais malheureusement pas très original… Si on n’a pas encore atteint la saturation de ce genre télévisuel, ça vaut le détour.
 

Sauvetage ultime, Explora, lundi, 22 h


Gentil, et plus vrai que vrai

Le photoréalisme à la Disney permet des prodiges dont témoigne la récente reprise du Roi lion au rendu parfaitement bluffant. Mais la prise de vues réelles, si époustouflante soit-elle, ne peut rien contre des scénarios ronflants et des caméras sages, comme en témoigne le très gentil remake de La belle et le clochard. Offerte sur Disney+, cette version resucée en imagerie de synthèse adaptée au goût du jour est fort compétente, mais ne casse rien. Parfait pour une écoute en continu en famille.

La belle et le clochard (V.F. de Lady and the Tramp) Disney+

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