«Le goût du monde»: cuisiniers québécois sans frontières

Canal D

La gastronomie québécoise est encore jeune, elle n’en a pas moins pris assez de maturité pour s’exporter. En six escales gourmandes, notre savoir-faire affiche son ambition grandissante pour des immersions en divers points gastronomiques du globe dans Le goût du monde. Nous entraînant de la France au Royaume-Uni, en passant par les États-Unis et le Mexique, ce documentaire sans prétention embrasse large dans son appétit. Jusqu’à mal étreindre parfois.

Sur les six chefs rencontrés par Pierre Brochu, au demeurant tous sympas et allumés, deux sortent fortement du lot. La première, la Montréalaise Sashana Souza Zanella, tient l’Edinburgh Food Studio avec son mari écossais, Ben Reade. Ancré dans sa communauté, le couple y invente une cuisine de haute volée qui évolue selon les inspirations des visiteurs étoilés (au propre ou au figuré) qu’il attire dans ses humbles filets. Le second, Vincent Déry, est basé à Londres, où il déploie des trésors de créativité comme chef à la maison, se réinventant au gré d’arrivages où le produit est roi.

Si les quatre autres escales ne manquent pas de sel, certaines s’avèrent plus brouillonnes, tandis que d’autres versent dans des modèles d’affaires plus étriqués qui surprennent moins. Résultat : ce festin en six services manque cruellement d’unité. Du ton à la forme, des idées discutées aux menus touillés sous nos yeux, tout change d’une escale à l’autre sans que ces modulations fondamentales n’apportent quoi que ce soit à l’ensemble. Un documentaire copieux, donc, mais pas gastronomique.

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Le goût du monde

Jeudi, D, 22 h ; en reprise le dimanche 17 novembre, 19 h