Sur vos écrans : séries britanniques pour tous les goûts

«Back to Life»
Photo: Luke Varley Showtime «Back to Life»

Laborieuse libération

 

Il y a eu la magnifique et mystique série Rectify, qui explorait de façon magistrale (quoiqu’un peu trop contemplative au goût de certains…) les lendemains d’une longue incarcération d’un jeune quarantenaire de retour dans sa communauté, rancunière et toujours craintive devant la présence d’un indésirable qui a passé l’essentiel de sa vie adulte entre quatre murs. La série britannique Back to Life est de la même eau, du moins dans le récit. Cette minisérie en six épisodes, des mêmes producteurs que l’excellente comédie Fleabag, nous emporte dans des zones complètement différentes grâce à de nombreuses touches comiques et cocasses qui viennent alléger le drame tragique et le suspense parfois pesant de la production.

Daisy Haggard (Episodes), également cocréatrice de la série avec Laura Solon, incarne avec un supplément d’âme et de drôlerie attendrissante le personnage central de Miri, une trentenaire qui a passé sa vie d’adulte en prison pour avoir commis à 18 ans un bien horrible crime que les gens de sa petite ville ne semblent pas lui avoir pardonné.

Entre le retour au domicile familial auprès de parents qui se sont un peu, beaucoup perdus de vue, la difficile intégration à la vie active et aux changements sociaux qui se sont produits en deux décennies, la violence de l’accueil que lui réservent ses concitoyens à la mémoire longue et aux ragots acérés et le poids de son crime, l’héroïne devenue trop vite adulte en captivité, mais pourtant encore remplie d’une candeur adolescente, tente de trouver sa place, son équilibre et la vérité à propos du geste fatal qui a ruiné son existence et celle de ses proches. Une bien belle série, qui se dévore un peu trop bien…


Back to Life
Showtime et Crave (la saison entière), dimanche, 21 h

 

Mystérieux espion familier

 

Changement d’époque et de ton avec cette minisérie de suspense plutôt classique mais très réussie, dans laquelle l’actrice britannique Ruth Wilson incarne sa propre grand-mère, qui a jadis mené une enquête pour élucider le lourd passé de feu son mari, un auteur de romans d’espionnage à succès et espion durant une période indéterminée dont elle apprend qu’il avait plusieurs existences conjugales parallèles… En trois épisodes.


Mrs. Wilson (V.F.)
Radio-Canada, samedi, 20 h

 

Un dernier retour ?

 

L’inspecteur Luther reprend du service pour une cinquième et sans doute ultime série d’épisodes, qui a la particularité de ne raconter qu’une seule longue enquête, contrairement aux quatre saisons précédentes, de qualité et de pertinence inégales. L’enquêteur bourreau de travail et aux tendances dépressives, toujours incarné par l’impérial Idris Elba, est à la recherche d’un autre tueur fou imprévisible et se retrouve dans la ligne de mire d’un mafieux dont le fils a été enlevé. En prime, la psychopathe qui a volé son cœur, Alice Morgan, incarnée avec une délectation évidente par Ruth Wilson (encore elle !), refait surface. En quatre épisodes.


Luther, saison 5
CBC Gem, vendredi

La prostitution juvénile en questions et en réponses

Ce documentaire de Catherine Proulx, une version télé du projet Web et de baladodiffusion Trafic, diffusé sur la plateforme numérique de Télé-Québec plus tôt cette année, offre une incursion dans les dédales de l’exploitation sexuelle des jeunes filles mineures, à travers les témoignages éclairants et dérangeants de victimes, de proxénètes, de policiers et d’autres intervenants qui viennent en aide aux jeunes filles prises dans cet engrenage. En complément, Les Francs-Tireurs proposeront le même soir (21 h) une table ronde sur le sujet et Zone franche (lundi, 21 h) présentera un débat sur la banalisation de la pornographie.

Trafic
Télé-Québec, mercredi, 20 h. En rediffusion, dimanche 17 novembre, 20 h 30


Le visionnement de la semaine

Dans cette semaine très « disneyenne » en matière de séries en ligne, soulignons le lancement d’une première production Netflix en provenance de la Thaïlande. La plateforme rouge propose déjà une grosse quarantaine de séries originaires de cette contrée lointaine, essentiellement des comédies et des drames romantiques, dont plusieurs mettant en scène des adolescents. Ils sont d’ailleurs au centre de cette série catastrophe sise sur une île lointaine occupée par une école secondaire huppée après une série de tsunamis qui ont forcé les quelques survivants à trouver des moyens de sauver leur peau sans aide extérieure. À essayer, au moins pour un épisode…
 

The Standed

Netflix, dès vendredi

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