Netflix a rempli ses engagements au Canada

Netflix a indiqué avoir dépassé le cap des 500 millions investis en production canadienne. Par exemple, la série «Riverdale», tournée à Vancouver, est diffusée sur Netflix au Canada.
Photo: Netflix Netflix a indiqué avoir dépassé le cap des 500 millions investis en production canadienne. Par exemple, la série «Riverdale», tournée à Vancouver, est diffusée sur Netflix au Canada.

Il y avait 500 millions à investir en contenu original produit au Canada, et 25 millions en stratégie de développement de marchés : les deux engagements pris par Netflix en 2017 en échange du droit d’établir au Canada une entité de production ont maintenant été remplis, a affirmé lundi le directeur des politiques publiques de Netflix Canada.

« Je peux dire qu’avec les derniers partenariats qu’on a annoncés, on aura respecté cet engagement de 25 millions », a lancé Stéphane Cardin lors d’une rencontre médiatique confirmant la mise en branle d’un projet avec Québec cinéma. M. Cardin avait déjà indiqué en septembre que l’entreprise avait dépassé le cap des 500 millions investis en production.

Les deux annonces surviennent dans un contexte d’ébullition pour le milieu de la diffusion vidéo en ligne. L’arrivée récente d’Apple TV + au Canada, et celle, imminente, de Disney +, annoncent des répercussions majeures dans un marché en pleine croissance. Netflix revendique 158 millions d’abonnés à travers le monde, dont 40 % se trouvent en Amérique du Nord.

Au Canada, la compagnie se serait donc conformée en deux ans à un engagement qu’elle aurait pu atteindre en 2022. Netflix avait en effet encore près de trois ans pour respecter les promesses d’investissements faites en vertu de la Loi sur Investissement Canada, et qui étaient un prérequis pour qu’elle s’établisse au pays.

Mais ici comme ailleurs avec Netflix, il faut croire l’entreprise sur parole : la répartition des investissements ou son détail précis demeurent secrets. Lundi, par exemple, Stéphane Cardin et Québec cinéma ont refusé de dévoiler la teneur financière du partenariat dont ils annonçaient l’appel de candidatures.

40 %
C’est le pourcentage d’abonnés de Netflix qui se trouvent en Amérique du Nord.

« On n’a jamais rendu publics les montants qu’on accorde à chacun de nos partenaires, a répondu M. Cardin. Ce qui importe, c’est que notre soutien financier soit suffisant pour que les activités puissent se réaliser, et que ce soit un soutien pluriannuel. »

Mentor financier

Dans le cas présent, Netflix financera durant trois ans un programme de mentorat nommé La Forge Québec cinéma. Chaque année, six duos de créateurs de la relève seront soutenus par des professionnels pour peaufiner la présentation future aux gens de l’industrie d’un scénario de long métrage de fiction qu’ils auront élaboré. Le soutien consiste essentiellement en une résidence de cinq jours, puis deux autres jours d’ateliers, et une aide au réseautage. Le meilleur projet recevra une bourse de 5000 $.

Le rôle de Netflix est ici un rôle de soutien financier : la compagnie n’aura aucun droit de regard sur les prises de décision, ni de premier refus sur les scénarios qui pourraient émerger, a mentionné le directeur du projet La Forge, Pierre-Mathieu Fortin. « Nous sommes entièrement indépendants. » M. Cardin a néanmoins indiqué que Netflix aura un intérêt particulier pour les projets développés dans ce contexte.

« Nous sommes une compagnie qui a fait le pari que la croissance passerait par [la production] d’histoires locales de divers pays », a rappelé Stéphane Cardin, soulignant au passage un des axes par lequel Netflix souhaite se démarquer de ses nouveaux concurrents.

Volet de partenariats

La signature de l’entente entre Netflix et le gouvernement fédéral avait fait grand bruit en 2017. L’ancienne ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, avait arrimé cette annonce au dévoilement de la nouvelle politique culturelle du Canada, tout en réitérant que son gouvernement ne chargerait pas la TPS sur les produits comme ceux de Netflix. Les dossiers n’étaient pas liés, mais ils sont vite devenus indissociables dans la discussion publique.

Pour contrer les critiques à son égard — notamment le fait qu’elle n’a pas à respecter de quota de contenu francophone —, Netflix avait mis de l’avant que l’enveloppe de 25 millions réservée pour « les activités de développement de marché » servirait notamment à « trouver de bonnes histoires du Québec, racontées en français ».

Au final, l’argent aura servi à « des initiatives destinées à l’essor de la prochaine génération de talents canadiens, en mettant l’accent sur les francophones, les femmes et les autochtones », mentionnait Netflix dans un mémoire déposé en janvier devant un comité fédéral. Parmi les partenariats conclus avec ce volet, on compte notamment un programme avec l’École nationale de l’humour et l’Institut national de l’image et du son.

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