Après le nid

Ce portrait psychologique de deux êtres minés par les conséquences moins glorieuses de la révolution sexuelle vaut particulièrement le détour.
Photo: Sarah Shatz HBO Ce portrait psychologique de deux êtres minés par les conséquences moins glorieuses de la révolution sexuelle vaut particulièrement le détour.

L’œuvre de l’écrivain américain Tom Perrotta semble destinée à être transposée à l’écran. Ses romans Election et Little Children ont fait l’objet de longs métrages salués par la critique, tandis que The Leftovers a servi d’inspiration à une récente série télévisée éponyme, tout aussi encensée. Voilà que son petit dernier, paru en 2017, devient une minisérie fort réussie sur la laborieuse quête d’identité et de bonheur d’une mère et de son fils jeune adulte, après que ce dernier a quitté le domicile familial pour aller à l’université.

Cette comédie dramatique aux accents satiriques fait penser à plusieurs égards à Little Children, qui se penchait sur le spleen d’une jeune femme se sentant dévorée par la banalité de sa vie de femme au foyer. Mrs. Fletcher dresse cette fois le portrait d’une quarantenaire désemparée devant le vide de son existence maintenant qu’elle se retrouve toute seule dans sa grande maison. Elle trouve un certain réconfort dans la consommation effrénée de pornographie en ligne et dans des cours du soir de création littéraire, où elle est courtisée par un jeune homme de l’âge de son fils. De son côté, son grand garçon, un sportif arrogant et suffisant, qui a une conception très réductrice des relations hommes-femmes, forgée à coups de porno en ligne, frappe un mur d’indifférence et de dégoût dans sa nouvelle vie universitaire, moins heureuse qu’imaginée.

Ce portrait psychologique de deux êtres minés par les conséquences moins glorieuses de la révolution sexuelle, dans des univers très contraignants socialement, vaut particulièrement le détour pour les performances inspirées des interprètes, et tout particulièrement Kathryn Hahn dans le rôle-titre, qui incarne avec beaucoup de conviction et de courage cette femme égarée, mais qui veut trouver la félicité malgré tout.

 

LE COURRIER DES ÉCRANS

Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands, vus par nos journalistes cette semaine. Inscrivez-vous, c'est gratuit.


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront le 5 septembre 2019.

Mrs. Fletcher

HBO et Crave, dimanche, 22 h 30 et à Super Écran, dès le 3 novembre, 22 h