Le refuge

La série en sept courts épisodes a l’immense mérite de s’adresser à un public très large.
Photo: Radio-Canada La série en sept courts épisodes a l’immense mérite de s’adresser à un public très large.

Pendant que s’achève ce mercredi la diffusion télé de la série Le monstre, Tou.tv propose une autre websérie qui aborde le thème de la violence conjugale, mais d’une tout autre façon. Moi, j’habite nulle part raconte l’histoire d’une famille « ordinaire » de la classe moyenne qui aboutit en pleine nuit dans une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale et qui doit y trouver ses repères.   On suit ainsi Stéphanie (Rachel Gratton), blessée après un épisode de rage de son conjoint en dépression non traitée (Étienne Pilon), son petit garçon Nathan, devenu silencieux, et sa jeune ado Laurie, bouleversée mais protectrice, déboussolés qu’ils sont dans ce refuge accueillant peuplé de gens qui sont dans une situation semblable à la leur. La série épouse souvent le point de vue de la jeune ado, interprétée avec beaucoup de nuance par Émilie Bierre (Une colonie), pour montrer les dilemmes déchirants auxquels font face les femmes victimes de violence conjugale et leurs proches dans ce contexte de crise, et les conséquences de leurs choix.

Geneviève Rioux, réalisatrice et coscénariste (avec Gabriel Sabourin) de ce projet qui lui tient à cœur depuis quelques années, explique en entrevue au Devoir qu’elle a voulu montrer de l’intérieur ces refuges discrets, leur quotidien, qui peut être parfois très joyeux, et le travail essentiel qui s’y fait pour redonner des ailes aux femmes et familles qui y font un séjour.

La série en sept courts épisodes a l’immense mérite de s’adresser à un public très large, puisqu’elle est exempte de violence graphique, mais chargée d’une tension essentielle à la compréhension d’une telle crise familiale et portée par l’interprétation inspirée de ses acteurs. Une bien belle porte d’entrée pour des discussions familiales délicates sur ce sujet difficile.

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Moi, j’habite nulle part

Tou.tv, dès mercredi